La peur chez le cheval

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La peur chez le cheval

Message par gebouye le Ven 18 Mar 2016, 10:13

Bonjour à tous,

Encore un post pour vous faire part de mes recherches ^^ Le thème du jour : la peur chez le cheval.

Je vais commencé par un article de Véronique de Saint Vaulry paru dans le Cheval Mag n°305

La peur : et si c'était votre faute ?


Pendant des siècles, la peur a assuré la survie du cheval. Désormais, son instinct atavique de fuite lui est plus souvent nuisible qu'utile, et le cavalier a la lourde tâche de l'aider à se rassurer. Mais il ne faut pas se tromper de combat : c'est contre la peur qu'il faut lutter, pas contre le cheval !

Quand sa monture s'effraie, le cavalier ne peut s'empêcher d'en rajouter : les rênes s'arriment à la bouche, les jambes prennent les flancs en étau... Tristes réflexes ! La pauvre bête, qui se sentait déjà inquiète, se retrouve ligotée, avec un tigre sur le dos ! Il y a de quoi paniquer. Hélas il lui est quasiment impossible de faire comprendre à son maître qu'elle préférerait une autre méthode, car les apparences sont contre elle :

La grande illusion
- Quand la peur est légère,en effet, le cheval accepte tant bien que mal de passer, ce qui donne l'impression qu'on a eu raison de l'"empoigner".
- Quand la peur est forte, le cheval va cette fois se comporter comme si on lui demandait de franchir un ruban électrifié : puisque l'étau des jambes lui impose le mouvement, il va bouger, certes, mais sûrement pas vers l'avant. Au choix, il plantera un demi-tour éclair, se cabrera, ou reculera inexorablement... Pourtant, à force d'être inlassablement ramené devant ce qui l'inquiétait, il finit par s'y habituer, la peur décroît, et soudain, il accepte d'y aller. Et notre cavalier se frotte les mains, persuadé qu'il doit sa réussite à son acharnement.

En fait, il est victime des apparences. S'il avait utilisé la méthode douce que je vais expliquer dans ces pages, son cheval serait passé aussi, plus facilement, sans se défendre. Mais cette technique contrarie tellement nos réflexes habituels qu'on a du mal y croire, et à l'appliquer, malgré sa simplicité. Depuis 15 ans, j'ai pu en tester l'efficacité sur toutes sortes de chevaux, du shetland au lusitanien. Non seulement ça marche, souvent de manière spectaculaire, mais en plus, les chevaux ainsi traités deviennent très vite de moins en moins craintifs. C'est à la fois une recette miracle et un traitement à long terme...

Le seul problème, c'est qu'un cheval qui a subi le "tire-dessus, rentre-dedans" pendant trop longtemps finit par perdre courage, et n'ose plus se livrer à ses (bons) réflexes naturels (voir encadré). Il est alors plus difficile à mettre en confiance qu'un poulain à peine débourré. Ceux qui ont l'esprit assez ouvert pour se remettre en question pourront inverser la tendance... mais j'en connais qui ont déjà tourné la page !

Lutter contre la peur, pas contre le cheval...
Pour progresser face à la peur, le cavalier doit cesser d'accuser son cheval, et s'en prendre à ses propres réflexes qui, nous l'avons dit, ne font qu'aggraver la situation. Entendons-nous bien, il n'est nullement question de renoncer à passer, bien au contraire... Tout est dans la manière ! Une démarche plus "éthologique" permet d'y arriver à coup sûr, sans se mettre en danger. Futile ou pas, la moindre inquiétude mérite cette procédure rassurante, et mieux vaut s'y habituer lorsque les choses paraissent faciles. Car on ne se débarrasse pas de ses mauvais réflexes du jour au lendemain ! D'abord, accepter la peur du cheval. Il a le droit de s'inquiéter d'une tige de maïs en travers du chemin, d'une trace d'arrosage dans la sciure. Après tout, il y voit peut-être un serpent venimeux, une fondrière ou que sais-je encore... Je connais des humains qui ne se montrent pas très cartésiens non plus devant les araignées, les souris ou les ascenseurs. Soyez tolérants !

Chaque fois que votre grand timide donne des signes d'inquiétude,voici comment procéder :
D'abord, l'arrêter, avant qu'il n'ait l'idée de le faire tout seul. Ce ne serait pas très bon pour l'autorité de le laisser mettre lui-même un grand coup de patin. D'autant qu'emporté par son élan, il se sera peut-être un peu trop approché, et voudra ensuite reculer, ce qui n'est pas prévu dans le règlement...
Ensuite, attendre. Eh, oui, lecteur toujours pressé, c'est le meilleur moyen pour gagner du temps. Le cheval en profite pour examiner ce qui l'inquiète. Pendant ce temps, son cavalier doit surmonter ses réflexes de prédateur : plus de jambes, plus de main. Il laisse les rênes se détendre jusqu'à décrire un bel arrondi, s'assoit confortablement dans la selle, et s'efforce de réconforter son inquiète moitié (caresse, monologue rassurant).

Désormais, tout dépend du cheval. S'il tente une sortie (recul ou demi-tour), rétablissez l'arrêt. Seulement l'arrêt. N'essayez surtout pas d'en profiter pour gagner du terrain, ce n'est pas le moment ! Une fois immobile, observez-le bien :
   1/ Il reste tendu vers ce qui l'inquiète, encolure de bois, tout son poids  sur les postérieurs... Attendez encore, sans jambes, sans main, en continuant à le réconforter. Rassurez-vous, il est exceptionnel de voir un cheval résister plus de 3 minutes à la patience de son cavalier. A moins de lui demander de sauter d'un avion en marche...
  2/ Son poids se répartit correctement, et il semble se désintéresser de la question.  Demandez-lui un demi-pas en avant, juste pour recentrer son attention sur l'objet ou le passage effrayant.  
  3/ Il commence à étendre l'encolure vers ce qui l'inquiète. Réjouissez-vous, et, sans vous pencher, laissez immédiatement filer les rênes (honnis soit les picots et autres anti-dérapants) pour qu'à aucun moment il ne se heurte à la main. Le moindre soupçon de résistance sur l'embouchure risque de lui faire perdre courage, et planter un demi-tour. Je connais des chevaux qui arrachent proprement les rênes pour pouvoir flairer, mais hélas, un tel bon sens est plutôt rare. Trop souvent, on en voit renoncer parce que le cavalier n'a donné que 20cm de rênes, et que sa monture sent bien qu'il n'y en a pas assez pour aller jusqu'en bas.
Se sentant libre de procéder à ses investigations rituelles, le cheval acceptera de s'approcher de l'objet qui l'effraie, pour le flairer longuement. S'il s'agit d'un passage difficile, il s'y engagera précautionneusement, le nez au sol. S'il n'y va pas de lui-même, ne l'empoignez surtout pas dans les jambes... Encouragez-le de la voix, et n'exigez qu'un pas à la fois, gentiment. Trop de pression provoquerait un demi-tour, et il est clair qu'à bout de rênes, il faudra alors de bons réflexes pour s'y opposer. En cas de tentative, maintenez la tête face à la difficulté, rétablissez l'arrêt, et rendez aussitôt les rênes...
A partir du moment où il commence à étendre l'encolure, le cheval montre qu'il accepte d'y aller. Le reste est affaire de patience. C'est parce que les cavaliers ne savent ni libérer la tête, ni faire taire leurs jambes, que leurs chevaux se montrent si inquiets, et parfois si violents, lorsqu'ils ont peur. Si vous acceptez de perdre un peu de temps, au début, votre monture prendra   de plus en plus d'assurance, constatant qu'enfin, elle a le droit et les moyens de se rassurer.

Le lien vers l'article :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Dernière édition par gebouye le Ven 18 Mar 2016, 10:19, édité 1 fois

_________________
Géraldine

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
gebouye
Admin

Messages : 5391
Date d'inscription : 01/03/2015
Age : 32

Revenir en haut Aller en bas

Re: La peur chez le cheval

Message par gebouye le Ven 18 Mar 2016, 10:15

Deuxième article trouvé sur un blog :

A PROPOS DE LA PEUR CHEZ LE CHEVAL : PETITS CONSEILS


Il arrive parfois lors d’ une séance de travail, que le cheval se mette à avoir peur de quelque chose lorsqu’il passe à certains endroits de la carrière ou du manège.

En général, nous ne voyons aucune raison qui puisse justifier cette peur : nous n’entendons rien, ne voyons rien, et avons l’impression que tout est comme d’habitude.

Mais c’est réagir en humain. Essayons plutôt de nous mettre à la place de notre compagnon, afin de trouver des solutions constructives, qui développeront sa confiance et son assurance.

Le cheval ayant une ouie et une vue beaucoup plus développées que les nôtres, il est fort probable qu’il ait entendu ou vu quelque chose qui nous échappe totalement. De plus, chez les sujets à la sensibilité délicate, ou au tempéremment vif, l’instinct de fuite refait vite surface. Il suffit que quelque chose ne soit pas à sa place habituelle, qu’un bruit anormal se fasse subitement entendre, ou qu’un humain se fasse particulièrement remarquer pour que l’animal se méfie, et entame un processus d’évitement qui n’est pas toujours agréable ni sécuritaire pour le cavalier.

Il peut aussi arriver qu’ayant un trop plein d’énergie à évacuer, le cheval prenne un prétexte pour prendre la fuite et libérer ainsi l’excès de tensions. Dans ce cas là, il est préférable de descendre et de faire une bonne séance de longe, ou de travail en liberté, en autorisant évidemment le cheval à s’exprimer librement.

S’il ne s’agit pas d’un trop plein d’énergie, mais bien de peur, il y a quelques règles qui doivent être respectées si le cavalier souhaite que les choses rentrent petit-à-petit dans l’ordre, et sans avoir à se fâcher, ce qui est bien souvent inutile.

Tout d’abord, n’évitez pas la source de la peur. Au contraire, menez-y votre cheval en tâchant de garder, autant que faire se peut, les rênes détendues, afin que ce dernier ne se sente pas empêché de fuir si le besoin s’en fait sentir. Néanmoins, si effectivement, le processus de fuite se déclenche, il faut y mettre un terme. La tâche n’est pas toujours aisée, car il faut être ferme, sans bloquer l’animal, et rassurer tout en gardant le contrôle de la situation.

Incitez le cheval à ne pas détourner le regard, ni à tourner le dos à l’objet de ses frayeurs. Le cheval est un animal curieux, et bien souvent, après avoir insisté un peu, on obtient de lui qu’il aille sentir du côté critique. A partir de là, même si la partie n’est pas gagnée, elle semble en bonne voie de le devenir.

Dans ce genre de situation, il faut rester très calme, et avoir tout son temps, quitte à sacrifier le reste de la séance. Aider le cheval à mieux gérer sa peur est aussi important que de lui apprendre à exécuter un appuyer. Un cheval franc et paisible, est un cheval bien dans sa tête, et qui ne pourra qu’être plus à l’aise dans le travail.

Cependant, il ne faut pas nier l’évidence, certains restent parfois plus longtemps que d’autres sur l’oeil, ou au moins un peu plus sensibles dans certaines circonstances, comme les jours de grand vent, par exemple, prenant un prétexte deci delà pour faire un écart, ou alors jetant leur dévolu sur un élément et refusant de s’en approcher à moins de cinq mètres, durant toute la séance.

Lorsque je monte un cheval qui garde une sensibilité flagrante pour un certain objet, ou un certain endroit pendant la séance, et ce, malgré le travail de mise en confiance, j’essaie de trouver un compromis.

Je pourrais décider de mettre le cheval en épaule en dedans à chaque fois que je passe à l’endroit critique, pour être “tranquille”. Mais le cheval, lui, ne le serait pas, puisqu’ayant dans le dos la source de son appréhension, sans pouvoir, ni la regarder, ni la fuir.

Je choisis donc de faire en premier une contre épaule en dedans, puis ensuite une tête au mur, afin que ma monture puisse travailler,tout en ayant la possibilité de voir ce qu’elle redoute. J’ai constaté plus d’efficacité en m’y prenant ainsi, avec la possibilité d’exécuter par la suite, une épaule en dedans avec un cheval plus décontracté.

Le lien de l'article :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Géraldine

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
gebouye
Admin

Messages : 5391
Date d'inscription : 01/03/2015
Age : 32

Revenir en haut Aller en bas

Re: La peur chez le cheval

Message par gebouye le Ven 18 Mar 2016, 10:18

Et pour finir, un troisième sur le blog Equipassion.

Réagir face aux manifestation de peur du cheval.


Pour des raisons de simplification, je nommerais partenaire toute personne évoluant avec l'animal, qu'il soit en situation de cavalier, de meneur au sol, en train de panser le cheval ou autre.

La peur est l'expression du l'instinct de sauvegarde chez le cheval. C'est la première réponse qu'il donne face à tout ce qu'il ne peut identifier ou à ce qu'il reconnaît comme une menace.

Je ne parle pas ici d'un simulacre mais d'une peur réelle, à charge pour l'homme à terre ou en selle de savoir identifier avec conviction la nature profonde de la réaction de son cheval, l'erreur d'interprétation entraînant de mauvaises décisions !

Le cheval ne peut être considéré comme coupable d'avoir peur. sa réaction n'est pas la preuve de son manque d'intelligence. Bbien au contraire, il est d'une logique irréprochable par rapport à son espèce. Le punir l'incite donc à être encore plus virulent dans ses manifestations de peur à venir, car à celle ci s'ajoute alors la crainte de la punition.

La peur génère le stress, la tension, le repli sur soi. Le cheval travaille alors pour lui, dans son intérêt pour se protéger, pour se mettre en sécurité. Il se dissocie de son partenaire obligatoirement. Seul, tout le travail de mise en confiance et d'apprivoisement préalablement effectué au quotidien permet à l'homme partenaire de rester en contact avec l'animal pendant une situation de stress. C'est sur la base de la qualité de la relation de confiance qui lie l'homme au cheval, que l'homme partenaire garde le cheval en contact, le ramène au calme et l'aide à vaincre ses peurs.

Je pars donc du principe que ce lien existe en ce qui vous concerne. Sinon, il vaut faudra le créer comme préalable.

Comme toujours c'est l'attitude du partenaire qui influence le cheval. Il nous faut donc apprendre à afficher un comportement stoïque face au cheval quelle que soit notre pensée intime. Nos propres doutes, peurs, tensions, colères ne doivent jamais transparaître. Ils sont autant de signaux d'alarme pour le cheval. La simple crispation de notre corps, à pied comme en selle, est perceptible. Le maître mot est donc : zen !

Il faut accepter le mouvement de retrait du cheval. C'est à dire qu'il faut le laisser réagir sans le contrer pour qu'il enclenche mentalement le processus de mise en sécurité. Il faut accepter qu'il reste à l'arrêt après avoir pilé, accepter qu'il contourne ce qui l'intrigue, accepter qu'il fasse un écart, accepter qu'il sursaute, qu'il redresse haut la tête ou au contraire aille renifler le sol, accepter qu'il "s'échappe" sur quelque mètres. Il ne faut pas instantanément empêcher tout ses mouvements mais les accompagner.

Je pense par exemple au cheval en longe qui réagit violemment à un bruit en démarrant comme un diable ! Le reflex idéal est de suivre le cheval sur ses premières foulées pour éviter au maximum qu'il ne rencontre la tension de la longe. Cette tension de la longe rend impossible la fuite. C'est un stress supplémentaire qui peut très rapidement dégénérer en panique à défaut d'entretenir un fort sentiment d'insécurité. Il ne s'agit pas non plus de courir sur 300 mètres pour que le cheval ne se sente pas prisonnier, mais simplement de laisser les quelques mètres de fuite nécessaire à l'évacuation immédiate d'une énergie salvatrice, commeavec une soupape de sécurité !

Très souvent un cheval qui a peur ne fait en réalité qu'un écart, ou prend quelques mètres de distance pour ensuite faire volte face. Les chevaux cherchent bien souvent à identifier la source de leur peur. Cela leur permet de localiser le danger et de préparer des solutions de fuites. C'est dans cette phase d'observation qui le partenaire reprend contact. Il faut toujours être calme et stoïque, prononcer des paroles familières sur un ton apaisant. Eviter à ce moment toute intonation interrogative ou encourageante. La mémorisation de nos tonalités de langage donne des indications au cheval sur notre état d'esprit. Après avoir reprit ce contact, le partenaire peut progressivement réorienter le cheval dans une activité commune.

Si la peur est provoquée par quelque chose de furtif (un bruit, l'arrivée de quelqu'un, un objet qui tombe, le passage d'un animal, d'un véhicule, etc….), le partenaire doit apaiser le cheval puis rassembler son attention vers l'activité initiale. Pour cela, et après avoir "accompagner" le début du mouvement de fuite, il faut parler au cheval, le toucher (éviter de le caresser car il ne faut pas récompenser et encourager la situation mais plutôt la désamorcer). Le partenaire rappelle ainsi sa présence au cheval. Dès lors ce contact établi, le partenaire limite ensuite les nouveaux mouvements de fuite, c'est à dire qu'il ne suit plus le cheval sans se manifester. Il faut utiliser l'envie de bouger du cheval dans notre intérêt. C'est une sorte de compromis ! Toujours dans l'exemple de la longe, il faut remettre en avant le cheval et le solliciter dans des exercices habituels, tolérer pendant quelques tours son éventuelle fébrilité, un peu d'inattention à laquelle le longeur répond par une demande (une transition, une ligne ou autre). Puis, au fur et à mesure des tours, le longeur exige un travail habituel.

Plus que jamais chaque réponse, même partielle ou hésitante, doit être félicitée. C'est dans ce processus que le cheval retrouve des repères agréables : il écoute son partenaire et y trouve une satisfaction. Avide de sérénité le cheval privilégie ce qui lui est familier et agréable. Dans le cas de ce type de peur "furtive", l'absence de la persistance de la source de peur associée à l'activité familière mise en œuvre par le partenaire conforte le cheval dans l'idée de la disparition du danger.

Dans le cas d'une source de peur continue, comme le passage dans un endroit précis, la proximité d'un objet "effrayant" à ses yeux, la persistance d'un bruit, d'un objet en mouvement, etc… L'objectif est à la fois d'aider le cheval à abaisser son stress, de rétablir le dialogue et éventuellement de lui faire comprendre qu'il peut accepter la situation sans crainte par approche et/ou contact avec la source de peur.

Comme précédemment, il faut accepter l'esquisse de son mouvement de fuite, intervenir dans la courte phase d'évaluation pour reprendre contact. Il faut proposer au cheval une situation intermédiaire : c'est à dire tolérable pour lui car un peu en retrait de la source de peur, mais une situation limitée car le partenaire doit maintenir le cheval dans la phase d'observation en lui empêchant le recul à tout prix. Le partenaire félicite le cheval à l'arrêt. Les tentatives de recul doivent être interdites Le partenaire utilise ce mouvement pour amener le cheval à se déplacer latéralement ou l'encourage à demeurer arrêter. Il faut accepter avec patience une immobilité prolongée du cheval, lui parler et le caresser pour le rassurer, l'encourager sans lui demander d'avancer. La première "victoire" dans l'apprentissage est d'obtenir un cheval arrêté et un peu apaisé. Dans le cas d'un cheval monté, les rênes doivent être longues mais les mains prête à agir ! Il faut proposer constamment au cheval cette liberté de mouvement de l'encolure pour qu'il puisse sentir, regarder autour de lui sans contrainte, bouger la tête comme bon lui semble. Les jambes encadrent fermement et souplement le corps du cheval sans le solliciter. En cas de tentative de recul ou de demi-tour, les mains reprennent contact immédiatement avec le cheval sans jamais tirer, et empêche le cheval de tourner et les jambes agissent pour fermer toute issu vers l'arrière. Chaque aide agit l'une après l'autre sans entrer en contradiction. Ainsi, les deux mains ne peuvent agir ensemble. Seule la main opposée à la direction que veut prendre le cheval résiste et les jambes se referment uniquement dans la mesure où le cheval veut reculer. Dès que le cheval est dans l'axe, les mains rendent les rênes. Dès que le cheval cesse de vouloir reculer, les jambes cessent d'agir, cèdent, tout arrêt étanrt toujours chaleureusement récompensé.

Lorsque le partenaire constate un apaisement, même léger, du cheval, il commence par le caresser puis demande avec une infinie douceur un pas, un seul et unique pas en avant. Les rênes sont longues, sans aucun contact. Lla demande est d'abord orale. Puis les jambes pressent gentiment les flancs du cheval avec caresse de la main au garrot et encouragement vocaux. Un signe de recul est ponctué d'un "non" et du détournement du mouvement comme précédemment expliqué. Tout esquisse de mouvement en avant est récompensé, même s'il s'agit simplement d'un report du poids du cheval de son arrière main vers son avant main, même si le pas est de biais et de 2 cm !, Le partenaire félicite, caresse, encourage. Il faut savoir se satisfaire du pas à pas pendant un moment, ponctué d'arrêt plus ou moins long pendant lesquels il faut nourrir l'apaisement du cheval par son propre calme, sa décontraction, des caresses, des gratouilles au garrot, des mots doux ! Un cheval qui a accordé un pas en avant manifeste ainsi ouvertement sa confiance : il accepte d'approcher quelque chose qui lui fait peur parce que vous avez su le convaincre de le faire sans le forcer, uniquement en lui interdisant le recul.

En main, le meneur se doit d'aller en avant vers la source, de la toucher s'il le peut, montrant au cheval qu'il ne se passe rien de plus. Dans le cas d'un objet, il faut proposer au cheval de le sentir. Le meneur ne doit pas tirer le cheval, mais aller de lui à "l'objet" l'encourageant de la voix, caressant, incitant par de très légères tensions discontinues sur la longe aussitôt suivi par sa détente. Bien souvent les chevaux sont rassurés de voir le partenaire aller "en éclaireur". Cela leur permet souvent de faire un premier pas. Cependant, il n'est pas pédagogique pour le cheval monté que son cavalier mette pied à terre pour apprendre à apprivoiser sa peur parce que dialogue est différent en selle. L'apprentissage en selle est nécessaire, indispensable, à la cohérence du couple.

Il est important de comprendre que cette confiance est fragile dans une situation de ce type. Si le partenaire pousse le cheval, exige trop et trop vite, le cheval n'a pas le temps d'analyser et de comprendre la situation environnementale et le "conflit" bascule dans un rapport de force psychologique voire physique entre lui et l'humain. Au bout du compte le cheval n'a pas appris à faire confiance. De plus, ce qu'il a identifié dans un premier temps comme étant un danger reste un danger puisqu'il n'a pas appris à l'identifier comme inoffensif.

Il est de l'intérêt du partenaire de démontrer au cheval que ce qui l'effraie est inoffensif. Il est aussi très important d'être sûr de ce que l'on demande au cheval. Car si le cheval éprouve une douleur, une peur plus intense, un inconfort au final de l'apprentissage, le partenaire est associé à la dégradation de la situation. Cela signifie que face à une autre situation, le cheval ne s'en remettra pas à la demande du partenaire. Si au contraire, le partenaire a su amener le cheval à localiser et identifier la source, à passer, à toucher sans éprouver aucun désagrément, alors, ce dernier se référera plus facilement aux indications données qu'à son instinct de fuite…

Le lien de l'article :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Géraldine

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
gebouye
Admin

Messages : 5391
Date d'inscription : 01/03/2015
Age : 32

Revenir en haut Aller en bas

Re: La peur chez le cheval

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum