La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par Jean le Ven 27 Fév 2015, 22:44

Copie de l'article des Haras Nationaux :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Leptospiroses des équidés

Auteurs: F. Grosbois, P.H. Pitel, K. Maillard
Màj Janvier 2011


Maladie transmissible à l’homme, dans certains pays elle est épizootique. Les cas de leptospirose interviennent avec une certaine incidence saisonnière, liée aux températures, à l’humidité, aux espèces animales … Le diagnostic de cette maladie est souvent difficile à poser. Connaître les causes et les symptômes peut aider à la rapidité d’intervention. Sans que vous le sachiez, un grand nombre d’équidés est sérologiquement positif. C’est l’application de mesures de prévention qu’il faut préconiser.

SOMMAIRE


Bactérie et transmission
Symptômes
Diagnostic et traitement
Prophylaxie
Voir aussi
Lettre d'information "Avoir un cheval"


BACTÉRIE ET TRANSMISSION

Bactérie

Les leptospiroses sont dues à des bactéries de l’ordre des Spirochaetales, du genre Leptospira. Celui-ci regroupeplusieurs espèces, sous-groupes et variétés appelées « sérovars ».

L’une d'elles, Leptospira interrogans (pirogenes), est pathogène pour l’homme et les animaux et d’autres sont saprophytes.

En forme de spire, elle mesure 6 à 20 μm de long, de 0,1 μm de diamètre. Les grandes différences de tailles sont un des facteurs limitant sa mise en évidence directe.

Ces germes aérobies peuvent survivre longtemps dans l’eau et les sols aux pH peu alcalins (pH 7,2) et peu dans le milieu ambiant (dans les matières biologiques): environ 6 heures. Sensibles aux ultra violets et au soleil ces germes aiment les températures de l’ordre de 20°C.

Transmission

Les animaux réservoirs de ces bactéries sont essentiellement les petits mammifères sauvages (blaireaux, hérissons) et particulièrement les rongeurs (rats, mulots, souris, campagnols, lièvres …). Ils  ne sont pas malades mais libèrent la bactérie dans leur urine, contaminant alors l’eau, le sol….

Ensuite, les chevaux boivent cette eau, mangent des aliments souillés par ces urines, etc, se contaminent, sont ou non malades, mais deviennent excréteurs. Les chevaux peuvent aussi se contaminer par voie transcutanée.L’homme peut alors se contaminer par contact cutané avec ce cheval, ou par voie orale.
Les urines des « porteurs/excréteurs » sont la source de matières virulentes la plus importante. Après l’infection,les leptospires se localisant dans certains organes (foie, reins, tractus génital, placenta…), les sécrétions de ceux-ci peuvent être source de matière virulente (lait, sécrétions génitales, avortons, sperme) longtemps après l’infection (de 3 semaines à 6 mois).

SYMPTÔMES

L’infection est souvent inapparente et c’est la dégradation de l’état général qui alerte.

Plusieurs formes:

Aiguë  : syndrome fébrile (hyperthermie 39,5-41°C), dépression, anorexie, conjonctivite, ictère, coloration brune des urines dues à une hémoglobinurie, pétéchies sur les muqueuses, épisodes diarrhéiques puis constipations, douleurs musculaires. Évolution en 2 semaines environ.

Suraiguë : rare, mais mortelle.

Chronique : amaigrissement, épisodes d’accès fébriles, ictère léger (traduisant des lésions hépatiques), pathologies oculaires (uvéite, cataracte) pouvant évoluer jusqu’à la cécité, …


Les poulinières contaminées avortent généralement dans les 3 derniers mois de la gestation ou mettent bas des prématurés. Lorsque le poulain a été contaminé in utero, celui-ci développe une septicémie à sa naissance. Un avorton est aussi un fœtus contaminé in utero.

Un stress (transport, surentraînement, passage viral …) peut être le facteur déclenchant des symptômes, lorsqu’un sujet est porteur asymptomatique de cette bactérie.
Répartition géographique

On retrouve cette maladie partout dans le monde.

Plusieurs sérovars peuvent apparaître même si certains sont plus identifiés dans des pays. Aux USA et en Europe (Espagne, Irlande,, Grande Bretagne), ce sont  les sérovars Bratislava Australis, Icterhemorrhagiae, Grippothyphosa, Autumnalis et Serroe, qui sont les plus souvent isolés chez les équidés.

La prévalence sérologique peut être considérable dans certains pays et atteindre 50 % des effectifs.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

Diagnostic différentiel

La forme aiguë est à différencier des maladies telles que la piroplasmose, l’anémie infectieuse, l’artérite virale, la maladie de Lyme, l’erhlichiose et la rhinopneumonie dans les cas d’avortements.

Le diagnostic est souvent difficile à établir.

La mise en évidence se fait par :

l’isolement de la bactérie

> pendant les 12 premiers jours, phase de multiplication de celle-ci :
     - dans le sang,      - dans le lait,       - dans le liquide céphalorachidien

> après les 10 premiers jours, pendant la phase d’excrétion :      
    - dans les urines

L’isolement bactérien est très difficile, souvent long (plusieurs semaines) et nécessite un prélèvement très frais.

la biologie moléculaire :

Il existe depuis peu des systèmes de sondes moléculaires qui permettent la mise en évidence des leptospires pathogènes dans la plupart des matrices biologiques (urines, sang, organes, lait…). Ces techniques sont beaucoup moins longues que la culture et au moins aussi sensibles. D’autre part, elles permettent de travailler sur des échantillons prélevés dans des conditions plus proches des conditions de terrain habituelles.
l’examen de coupes histologiques des tissus de l’avorton (coloration argentique des tissus)

la séroagglutination.

Dans ce cas, on ne détecte pas la bactérie mais des anticorps dirigés contre elle. Les interprétations des sérologies sont délicates dans le cas de leptospirose chronique. Il faut alors procéder à des titrages réguliers et les associer aux signes cliniques et épidémiologiques.

Chaque espèce réservoir et chaque région a ses sérotypes prédominants.

En France, c’est en juin que l’on constate le plus grand nombre de sérologies positives. 35.6% des chevaux étaient sérologiquement positifs en France en 2006 (source ENVN).
Traitement
L’administration de Pénicilline G et A, et les céphalosporines (3ème génération). Le traitement fixé par le code zoo sanitaire, donne 2 injections 25 mg/kg de poids vif, de Streptomycine, à 15 jours d’intervalle.

Il n’existe pas de vaccin cheval en France.

PROPHYLAXIE

Maladie sévissant sous certaines conditions de températures et d’humidité, la prophylaxie sanitaire passe donc par :

la lutte contre les espèces réservoirs, notamment les rongeurs (ayant accès aux mangeoires, aux stocks de nourritures …)

le drainage des prairies humides, mares, marais, zones marécageuses

l'assainissement, ou la suppression des eaux stagnantes

la désinfection des locaux, l'isolement des malades (porter des gants pendant ces opérations).

En fonction des conditions climatiques et d’environnement, attention aux contaminations de printemps, lors de la mise au pré notamment.
Il faut être vigilants sans faire de fixation.

Ainsi, des seuils positifs n’attestent pas que l’animal est malade, mais il ne faut pas non plus ignorer ces seuils. En effet, les chevaux peuvent présenter toute leur vie des titrages élevés sans déclarer les symptômes de la maladie. Ces titrages sont un bon moyen de suivi s’ils sont associés à une prophylaxie sanitaire. Cela s’explique par l’existence d’un portage chronique, d’une contamination régulière.

La leptospirose est aussi une maladie économique qui peut avoir des conséquences sur les échanges internationaux.

Des titrages peuvent être demandés, selon le pays, soucieux de ne pas introduire de nouveaux sérovars. Un animal est considéré comme positif lorsqu’il présente un titre supérieur ou égal à 1/200e (selon le code zoo sanitaire).


Nota : cavaliers, attention à vos chiens, ils ont très sensibles aux leptospiroses (sérovar Canicola). La spécificité « réservoir/sérovar » n’est pas exclusive et des contaminations via une espèce normalement pas réceptive à un sérovar, est donc possible.

Nota : l’homme peut se contaminer par baignade (étangs), ingestion (par exemple, fruits souillés non lavés), contact (par exemple, avec l’urine des chiens) …

_________________
avatar
Jean
Admin

Messages : 6634
Date d'inscription : 22/02/2015
Age : 67

http://amicalementfrison.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par Jean le Lun 28 Mar 2016, 08:54

Cette fiche peut te servir Maryse ... 

 Courage ... 

_________________
Jean

Breizh eo ma bro...


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
Jean
Admin

Messages : 6634
Date d'inscription : 22/02/2015
Age : 67

http://amicalementfrison.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par Logisdesbois le Mar 29 Mar 2016, 14:26

très intéressant ayant eu à soigner une leptospirose
je ne savais pas que c'était contagieux pour l'humain, le véto ne m'en a pas parlé à l'époque !
merci Jean pour ton travail de recherches
avatar
Logisdesbois

Messages : 735
Date d'inscription : 01/03/2015
Age : 59

Revenir en haut Aller en bas

Re: La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par klaasnoir le Mar 29 Mar 2016, 19:34

merci beaucoup jean oui c est très interessant !!! merci de te donner tout ce mal pour ces recherches ........
avatar
klaasnoir

Messages : 1431
Date d'inscription : 01/03/2015
Age : 63

Revenir en haut Aller en bas

Re: La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par Jean le Mar 29 Mar 2016, 19:50

C'est très gentil ... 

_________________
Jean

Breizh eo ma bro...


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
Jean
Admin

Messages : 6634
Date d'inscription : 22/02/2015
Age : 67

http://amicalementfrison.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: La (les) leptospirose(s) ... c'est quoi ?

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum