La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

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La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 10:41

Bonjour,

Actuellement en pleine (re)découverte (par le biais de mes cours d'éthologie) de la communication des chevaux dans un troupeau et comment utiliser ces informations pour pouvoir parler avec eux le même langage ou tout au moins un langage similaire. J'ai voulu partager cette expérience avec vous.

Je me suis donc lancée à la recherche d'articles bien faits pour vous faire (re)découvrir cet aspect de nos loulous.

Voici donc pour commencer un article écrit par les Haras Nationaux, qui pose bien les bases des différents types de langages qui existent chez les chevaux.

L'article :

La communication chez le cheval

Communication Visuelle
La communication visuelle tient un rôle essentiel dans les rapports sociaux chez les chevaux. Celle ci est très riche et se compose de nombreuses postures, « mimiques » et « parades ».

Le langage corporel des chevaux est très subtil. La posture du cheval est essentielle à prendre en compte et chaque partie du corps y joue un rôle : les naseaux, les oreilles, le port de tête, la position de l’encolure, la queue, les membres, etc… La tonicité de la posture renseigne sur l’état d’attention du cheval.

Le passage d’une posture à une autre est progressif : le cheval enchaîne une série de postures qui annonce les suivantes. L’enchaînement des postures dépend de la réaction du cheval auquel elles sont adressées : s’il perçoit le message et réagit de façon adéquate, l’enchaînement de postures s’arrête ; alors que s’il persiste, l’enchaînement continue.

Les postures habituellement observées : cheval pâturant, cheval au repos debout (sur 3 membres, tête relâchée), cheval en chassant un autre (tête étendue, oreilles en arrière), cheval regardant au loin (tête haute mais pas d’autres signes), cheval en vigilance (tête très haute, oreilles fixes, pointées vers l’avant, queue un peu relevée).

Communication tactile
Les démonstrations de communication tactile sont diverses chez les chevaux. Le toilettage mutuel (ou « grooming ») est la plus évidente : il renforce les liens sociaux entre les animaux et leur apporte un certain apaisement. Les congénères qui présentent une affinité vont aussi s’adonner à d’autres contacts : par exemple le chanfrein contre le croupe ou le flanc de l’autre, la tête sur la croupe,….

Les chevaux se touchent aussi lors des jeux, bousculades, morsures, affrontements... mais il ne s’agit pas toujours de contacts amicaux !

Communication sonore
La communication sonore est moins développée chez les chevaux que le langage corporel. Elle a néanmoins un rôle essentiel.

On distingue 7 types d’émissions sonores :
- le hennissement : émis bouche ouverte et entendu jusqu’à 1 km, il est utilisé pour rétablir le contact lors d’une séparation
- l’appel de contact : un frémissement des naseaux sourd et modulé, bouche fermée. Emis à l’attention d’un compagnon, de son poulain, ou d’un étalon à une jument en chaleur
- le couinement commence bouche fermée, commissures des lèvres retroussées : aigu et bref, il est associé aux situations menace, de défense ou de combat et est utilisé fréquemment par les étalons.
- le ronflement : dû à la vibration des naseaux, il est produit par un cheval effrayé. Il peut aussi être utilisé dans le jeu.
- l’ébrouement : expulsion d’air forte, afin de dégager les naseaux suite à une irritation (distribution de foin) ou lors de la reprise d’activité
- le souffle : forte expulsion d’air par les naseaux, liée à une posture d’alerte. C’est un signal d’alarme ou de forte excitation. Il est ainsi parfois émis lors de jeux.
- le gémissement : émis bouche fermée, il exprime la douleur ou la difficulté à respirer

Ces émissions varient très sensiblement d’un individu à un autre, et il existe divers appels intermédiaires à ceux ci.

Communication olfactive
L’odorat des chevaux est très développé. Ils l’utilisent notamment pour se reconnaître et il est probable qu'il servirait à se renseigner sur l’état émotionnel d’un congénère. Le flehmen est toujours associé à une stimulation olfactive. Il contribue à l’analyse précise d’une odeur perçue.

Les étalons utilisent leur odorat pour sentir urines et crottins des juments. Mais, c’est, sans doute, plus la réaction de la jument aux avances de l’étalon qui le renseignerait sur l’état de chaleur de la jument.

La communication olfactive permet aussi aux étalons de marquer leur présence, particulièrement grâce aux piles de crottins.


Le lien de l'article :
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Pour un article plus poussé :
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Dernière édition par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 13:08, édité 1 fois

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Re: La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 11:05

Pour entrer un peu plus dans le coté "Dialogue", un deuxième article trouvé sur le site de Christine Chession.

Site très intéressant au passage, je vous en partagerais plusieurs articles, toujours avec les liens (rendons à César ce qui appartient à César).

L'article :

Le langage des gestes


Parmi les moyens de communication du cavalier, les gestes sont souvent oubliés, car ils ne concernent pas l'équitation proprement dite. Pourtant, parce qu'ils constituent la langue maternelle du cheval, ils méritent d'être reconnus et pratiqués.

Apprenez à lui parler dans sa langue
Pour communiquer avec ses semblables, le cheval recourt presque exclusivement au langage de gestes. Autant dire qu'il excelle à deviner de cette façon les intentions de ses semblables ou de son cavalier.

A vue d'oeil
L'habitat d'origine du cheval était la plaine, ce qui a développé son  acuité visuelle. Tout en continuant à brouter, le nez plongé dans l'herbe, il pouvait exercer une surveillance attentive de son environnement, grâce à ses yeux placés haut de part et d'autre de sa tête. Logiquement, c'est donc surtout par le biais de messages visuels qu'il a choisi de communiquer avec ses congénères. Tout cavalier sait par exemple reconnaître la posture d'alerte, tête haute, oreilles pointées, corps tendu, qu'adopte un cheval qui a aperçu quelque chose d'anormal. Les autres membres du groupe s'alarment aussitôt à ce signal, même si eux-mêmes n'ont rien remarqué.

Signe de hiérarchie
Le langage du corps sert aussi à établir ou à confirmer les rapports hiérarchiques entre les équidés: le dominant se comporte comme une sorte de véhicule prioritaire, qui avance résolument, dans la direction de son choix (abreuvoir, botte de foin), et s'attend à voir les autres s'écarter sur son passage. Si ceux-ci tardent à céder la place, il adoptera une attitude menaçante, encolure tendue, oreilles rabattues, bouche ouverte, annonçant clairement son intention de mordre. Mais il est bien rare qu'il soit obligé d'en arriver là: s'ils veulent vivre vieux, les équidés n'ont guère intérêt à se battre. C'est pourquoi la gestuelle a tant d'importance: elle permet aux chevaux de "discuter" et de procéder par intimidation plutôt que d'en venir aux dents.

Selon son état d'esprit (calme, inquiet, excité) et l'opinion qu'il a de l'homme, le cheval ne répondra pas du tout de la même manière à nos gestes. Ses réponses peuvent même évoluer très rapidement, dans un sens ou dans l'autre. Si le geste est régulièrement suivi d'un passage à l'acte désagréable, le cheval y fera très attention. Si, à l'inverse, les gestes ne sont que de menaces en l'air, il finira par les ignorer complètement: par exemple, une chambrière que l'on agite perpétuellement derrière un cheval qui lambine, sans jamais le toucher.

Congénère ou prédateur ?
Même s'il ne s'en rend pas toujours compte, l'homme s'exprime lui aussi à l'aide de son corps. N'étant ni un loup ni un équidé, il va susciter chez sa monture une certaine inquiétude: "Qui est cet animal, dont je ne reconnais pas le format ?" Il est important de savoir alors adopter le langage gestuel qui convient: pas trop agressif, pour que le cheval ne se sente pas menacé, mais suffisamment assuré pour être considéré comme un dominant, digne d'intérêt et de respect. Un équilibre à trouver !

La bulle : Pour mieux se représenter l'effet de ses gestes sur son cheval, la cavalier doit s'imaginer qu'il est à l'intérieur d'une bulle. Une bulle que chaque mouvement fait gonfler. Plus le mouvement est rapide, plus la bulle gonfle: vers l'avant si l'on court, sur le côté si l'on écarte un bras, etc. Si le cheval redoute l'homme, il s'imaginera que la bulle de celui-ci est énorme et fera des efforts désespérés pour qu'elle ne l'atteigne pas. Si, au contraire, il ne le respecte pas, il ne verra qu'une minuscule bulle, dont il ne se souciera guère, même si le cavalier fait de grands gestes ! L'idéal consiste donc à obtenir du cheval un respect dénué de crainte, qui permet de travailler correctement avec les gestes, en longe, en liberté ou en main.

Les gestes que nous ne contrôlons pas
On a souvent l'impression que les chevaux parviennent à deviner nos sentiments et nos intentions les mieux cachés. Quelle est la clé de cette perspicacité ? Le langage des geste !

Des intentions faciles à repérer
Lorsque vous venez voir un cheval au pré, vous n'avez aucun mal à l'approcher. Mais si vous avez l'intention de l'attraper, il le "sent" et reste à distance. Comment est-ce possible ? En fait, il est simplement très sensible à vos mouvements, à votre attitude, et il "lit" vos intentions sur votre corps. Il voit que vous vous tendez imperceptiblement, que vous prenez des précautions, que vous le surveillez du coin de l'oeil. Pous le détromper, il faudrait que vous arriviez à vous détendre. Le plus simple, c'est de changer d'état d'esprit, de renoncer à l'idée d'attraper sa monture. Le corps traduira !

Ce traître mouvement de recul
Il est un autre cas où nos gestes nous trahissent : lorsque nous éprouvons de l'appréhension aux côtés du cheval, à cause de sa mauvaise réputation ou d'expériences malheureuses, qui nous ont mis sur la défensive. Au moindre mouvement du cheval vers nous, au moindre fouaillement de queue, nous avons tendance à amorcer un mouvement de recul, à sauter en arrière. Un comportement qui peut échapper à l'oeil humain, mais pas à la perspicacité équine. Notre timidité visible produit alors deux effets désastreux : premièrement, le cheval commence à se demander si nous ne serions pas plus bas que lui dans la hiérarchie et il risque d'en profiter. Deuxièmement, cette ambiance de méfiance risque de la "contaminer" et de favoriser de sa part des réactions de crainte parfois explosives. Le cavalier sera alors deux fois plus méfiant, ce qui va aggraver encore les choses.

Les  réflexes d'opposition
Apprendre à céder, la première des leçons. Pour pouvoir être manipulé, mené et monté, le cheval doit apprendre à vaincre son réflexe d'opposition : céder aux pressions du licol, de la main, des jambes. Tout un programme...

La force, une mauvaise solution. Lorsqu'on cherche à faire avancer ou reculer un cheval, à lui déplacer les hanches ou à lui faire baisser la tête, il est inutile d'essayer de l'y contraindre par la force. Il résisterait si bien qu'il exécuterait probablement l'inverse du mouvement souhaité. De même, le jeune cheval au débourrage s'oppose à la traction des rênes en tirant sur son mors, en levant la tête et, parfois, en accélérant au lieu de ralentir comme le souhaiterait son cavalier.

Un apprentissage en douceur. Pour lui faire comprendre ce qu'on attend de lui et l'aider à vaincre son réflexe d'opposition, il faut faire sentir au cheval soit une pression intermittente, soit une pression constante mais mesurée, qu'on prolonge patiemment, jusqu'à ce qu'il commence à céder. Au début, il faut guetter le moindre signe d'obéissance, ne serait-ce qu'un tout petit centimètre dans le bon sens. L'erreur courante consiste à en demander trop et à vouloir obtenir tout de suite un pas, ou même plusieurs, ce qui embrouille la compréhension du cheval. Mieux vaut obtenir un seul centimètre trois ou quatre fois de suite. Le reste sera ensuite un jeu d'enfant. Il est conseillé d'exercer ainsi chaque partie du corps - tête, encolure, avant-main, arrière-main et membres- à se laisser pousser ou tirer dans n'importe quel sens. Un entraînement qui peut commencer dès le plus jeune âge.

Capter l'intérêt de son cheval
Face à un partenaire muré dans son silence, le cavalier a du mal à deviner comment attirer son attention, stimuler son intérêt. Or, c'est de la disponibilité mentale du cheval que dépendent la rapidité des progrès et la stabilité des acquis.

Voici les pistes pour vous remettre en question

Une hiérarchie stable
A trop se soucier d'aides et de perfection formelle, notre équitation moderne a tendance à négliger la relation psychologique entre le cavalier et sa monture. Avant de monter sur son cheval, l'homme ferait bien de dialoguer avec lui dans son langage, celui du corps et des gestes. Il est indispensable d'établir une relation hiérarchique, le cavalier revendiquant la place de dominant. Pour cela, il lui suffit de veiller à ce que son cheval en main marche toujours à distance respectueuse, sans bousculer ni dépasser. Il lui apprendra aussi à déplacer ses hanches, ses épaules ainsi qu'à reculer en réponse à des gestes. Il suffit de quelques séances d'initiation, puis d'une attention sans relâche lors des déplacements en main quotidiens pour établir les bases du respect : alors, le cheval commence à regarder son cavalier d'un autre oeil, son attention s'améliore, ses réponses progressent.

Des aides claires
Au travail, rien ne perturbe plus le cheval que l'incompréhension. Les raisonnements des cavaliers sont parfois bien complexes pour son petit cerveau. S'il est soumis à des demandes maladroites auxquelles il ne sait comment répondre, il finit par se lasser de chercher des solutions. Ainsi, le cavalier qui se raccroche aux rênes à chaque accélération voit rapidement sa monture ignorer ses pressions de jambes. Celui qui manque d'équilibre et ballote dans sa selle ne peut espérer des réponses, un jour, à des indications d'assiette : l'animal cesse tout simplement de tenir compte des variations du poids du corps. Ce phénomène porte le nom de "désensibilisation". Seules les aides précises et faciles à repérer seront prises en compte : le cavalier doit se montrer adroit mais, surtout logique !

Des réponses qui rapportent
Toute peine mérite salaire. Comme n'importe quel être humain, le cheval s'attend que des avantages récompensent ses efforts ; ne serait-ce que le confort d'une aide qui se ralâche parce qu'il a obéi. Mais il existe d'autres moyens de le motiver et le cavalier a tout intérêt à les utiliser. Plus le travail sera gratifiant, plus sa monture manifestera d'intérêt et de bonne volonté. Caresses, mots de félicitation, temps de repos, friandise, petit grattage amical... L'important, c'est de savoir récompenser très souvent, dès le premier pas dans le bon sens, et sans attendre : au-delà de trois secondes, le cheval ne fait plus le lien de cause à effet.

Comment rappeler son attention : S'il hennit vers les autres chevaux, ne perdez pas de temps à lui chercher des excuses. C'est simplement qu'il vous trouve moins intéressant qu'un cheval. A vous de lui donner aussitôt une petite tâche à exécuter pour "rappeler son attention". Choisissez quelque chose qu'il ne pourra pas vous refuser, comme un petit cercle ou une cession de hanche (à pied comme en selle).

Grâce à une organisation judicieuse de la séance de travail, vous pouvez stimuler l'intérêt et la participation de votre monture. Répéter sans lasser. Le cheval apprécie d'être en condition de prévoir ce qui l'attend : ainsi il peut s'y préparer, physiquement et mentalement, et mieux réussir le mouvement. C'est pourquoi il est intéressant de travailler par séquences, en demandant plusieurs fois la même chose. Par exemple, aligner plusieurs départs au galop depuis le pas, ou plusieurs demi-voltes suivies d'une cession à la jambe, ou encore plusieurs reculers suivis d'un départ au trot. Au bout de trois ou quatre essais, le cheval, désormais averti, va améliorer nettement sa réponse. Tout l'art consiste alors à repérer le progrès et à interrompre immédiatement le travail pour récompenser. L'erreur serait de continuer indéfiniment le même travail, ce qui engendrerait la lassitude et une baisse des performances.

Découpage en tranches. Chacune de ces séquences ne dure que de 3 à 5 mn. Le temps de repos-récompense qui suit ne sert pas seulement à féliciter le cheval. Il lui permet de réfléchir à ce qu'il vient de faire et de comprendre ce qui a provoqué la satisfaction du cavalier. Il essaiera de faire aussi bien la prochaine fois. De son côté, le cavalier profite du temps de repos pour réfléchir à la séquence suivante. Quel mouvement sera bénéfique au cheval à ce stade de la séance ? Des allongements pour ranimer l'impulsion, une épaule en dedans pour améliorer l'engagement, un travail en descente d'encolure pour étirer? L'alternance d'exercices variés se révèle bénéfique pour le corps aussi bien que l'esprit du cheval. Apprenez à en jouer.

Des objets pour motiver. Pour apporter davantage de variété à la séance, n'hésitez pas à vous servir d'accessoires. Quelques plots deviennent un slalom, une barre au sol peut être enjambée ou franchie latéralement en épaule en dedans. En extérieur, ne restez pas toujours sur les chemins : zigzaguez autour des arbres, escaladez les buttes, sautez les fossés.

Les liens de l'article :
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Dernière édition par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 13:47, édité 2 fois

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Re: La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 11:28

Petites précisions liées au statut de chacun

L'article :

Le cheval et l'homme : proie et prédateur

Bien que l'homme soit incontestablement un prédateur et le cheval une proie, la relation qui les unit doit être d'un tout autre type.

Ne pas agir en prédateur
Voici quelques règles qui vous permettront de ne pas vous comporter envers votre cheval comme le ferait un prédateur.
- Prévenez quand vous arrivez. Les prédateurs, pour surprendre leur proie, s'approchent par derrière, dans l'angle mort de la vision de l'animal. Voilà pourquoi les chevaux réagissent toujours vivement lorsque nous apparaissons soudain derrière eux sans leur signaler notre arrivée.
- Laissez toujours au cheval l'illusion qu'il peut fuir. Acculer le cheval dans un coin de son box ou du manège provoque chez lui une vive angoisse qui entraîne de la panique et lui fait adopter une attitude combative et dangereuse. S'il a le sentiment qu'il pourra fuir en cas de danger, il reste plus serein.
- Ne tentez jamais de courir après un cheval pour l'attraper : lui courir après, c'est l'inciter à fuir. Il faut au contraire le faire venir à soi en cessant de le poursuivre et en reculant légèrement. Si vous voulez vous approcher de lui, faites-le par le côté et de manière très progressive.
- Lorsque les chevaux sont en groupe au pré, il est inutile, à moins de faire partie d'une escouade de gardians camarguais, de tenter d'en séparer un du lot pour l'attraper : c'est ainsi que procèdent les prédateurs et vous seriez assimilé à l'un d'eux. Ne tentez donc pas de l'isoler. Mieux vaut s'approcher du troupeau et attraper le cheval parmi les siens.

Pour Pat Parelli, la façon d'appréhender l'environnement serait différent chez les chevaux et chez les hommes. L'homme a une approche directe qui l'incite à aller droit au but, tandis, que le cheval à une approche latérale, plus hésitante et faite de diverses phases d'approche destinées à démasquer un éventuel prédateur.

Chacun selon son instinct
Par atavisme, le cheval se comporte toujours comme une proie et s'enfuit au moindre danger. Sans s'en rendre compte, l'homme se comporte souvent, quant à lui, comme un prédateur, ce qui stimule l'instinct de fuite de sa monture.

Le cheval, une proie : Dans la nature, le cheval est une proie. Comme tous les grands herbivores, il a évolué de manière à être armé pour déjouer le mieux possible les ruses des prédateurs. Ses longues jambes de coursier, dont les longs tendons fonctionnent comme des ressorts et permettent une fuite rapide, servent souvent d'exemple à la présentation de la théorie de l'évolution. Ses yeux situés sur les côtés de la tête (voir le système nerveux; la vision) et sa longue encolure lui offrent une vision panoramique à 360°. Ses oreilles très mobiles détectent les bruits les plus furtifs. (L'ouie). Enfin, son psychisme est celui d'une proie. Les chevaux ne dorment que très peu. Ils sont d'un naturel émotif et craintif. Lorsqu'ils perçoivent un danger ou quelque chose d'inhabituel, leur première réaction est toujours la fuite. S'ils se sentent emprisonnés, ils se débattent et combattent. Ils sont un peu claustrophobes.

L'homme, un prédateur : L'homme, à l'inverse, a le tempérament d'un prédateur. Il chasse depuis des milliers d'années. Ses deux yeux dont situés sur la face, comme chez tous les fauves, ce qui permet de mieux percevoir le relief. Son odeur est également celle d'un prédateur. Sa sueur trahit ses repas carnés.

L'enseignement des chuchoteurs : Beaucoup de "nouveaux maîtres", comme Pat Parelli, pensent que les chevaux prennent les hommes pour des prédateurs, ce qui les rend anxieux et craintifs. Du coup, toute réelle communication avec eux devient impossible. Ils sont sous le coup de leurs émotions. Toute personne souhaitant communiquer correctement avec son cheval doit donc, selon les chuchoteurs, apprendre avant tout à ne plus se comporter comme un prédateur. Le secret des nouveaux maîtres consiste précisément à essayer d'adopter un comportement similaire à celui d'un cheval dominant, d'en imiter dans une certaine mesure la gestuelle, afin de rassurer l'animal et de s'en faire obéir facilement.

Lorsque le cheval a peur, il faut à tout prix éviter de se cramponner à lui et de serrer les fesses et les jambes. C'est exactement ce que font les prédateurs lorsqu'ils sautent sur le dos d'une proie. Cela ne peut que déclencher chez l'animal un comportement de panique. Il faut, au contraire, rester bien décontracté et tenter de calmer sa monture. Crier, de peur ou de colère, constitue une erreur du même type.

Lien de l'article (il est en bas de page) :
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Re: La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 13:46

Un petit dernier pour la route.

Il s'agit d'une présentation faite par une éthologue, Soazig Cornu extrait du Bulletin des professionnels de la biodynamie (Numéro 07 – octobre 2009)

L'article :

Comprendre l'être du cheval

Cette présentation a eu lieu lors du voyage d’étude en Allemagne des stagiaires du BPREA polyculture élevage adapté à la bio-dynamie (CFPPA d’Obernai -67). Ce voyage a eu lieu en août 2009, il avait pour fil conducteur le travail à l’aide de la traction animale ainsi que le travail collectif.

C’est au sein de l’écovillage des sept tilleuls que les stagiaires de la formation ont pu rencontrer Mme Silke Hagmaier. Silke a travaillé dans le milieu du cheval pendant plusieurs années, mais avec la sensation de ne pas avoir un échange juste avec le cheval. Elle s’est donc éloignée de ce milieu pour participer activement à la création de l’écovillage qui nous a accueilli (110 personnes, écoconstruction, expériences sociales etc.). C’est l’implantation d’un maraîchage sur l’éco-lieu et la volonté de travailler avec le cheval qui lui ont remis le pied à l’étrier. Aujourd’hui, Silke réalise les travaux du sol et d’entretien des cultures et donne aussi de nombreux stages pour aider les personnes qui le souhaitent à collaborer de manière plus juste avec les chevaux.

Au cours de la journée passée en sa compagnie, elle nous a donné des clefs pour mieux comprendre l’être du cheval, clefs qu’il faut ensuite mettre en pratique. Pour tous ceux qui pensent, rêvent, ou pratiquent la traction animale, la première étape est de comprendre à qui l’on s’adresse. La première question à laquelle nous devons tenter de répondre est donc : qui est le cheval ?

La nature du cheval
Il est un animal de proie. Etre une proie influence beaucoup la manière dont un animal se comporte. Les animaux de proie ont les yeux sur les côtés (pour repérer les éventuels prédateurs) alors que les animaux prédateurs ont les yeux devant (fixés sur l’animal dont ils veulent faire leur repas) : notons que l’homme a les yeux sur le devant du visage, comme les prédateurs…
L’animal de proie a un comportement défensif, alors que le prédateur est agressif. Son objectif est de survivre quant le prédateur veut gagner.
Les animaux de proie vivent souvent en troupeau pour qu’un animal puisse toujours surveiller alentour pendant qu’un autre se repose. La seule protection vient des autres. Par ailleurs, en cas d’attaque, les plus jeunes profitent de l’expérience des plus anciens. Ce sont aussi les plus faibles qui seront tués les premiers, ce qui fait une sélection dans le troupeau.

Le cheval est également un animal de fuite. Cela signifie que sa première stratégie en cas de danger est la fuite. S’il ne peut fuir, alors il s’oppose (Chez l’âne c’est l’inverse, sa première stratégie est l’opposition, la seconde la fuite).
Pour fuir, les chevaux ont besoin d’espace, car sans espace, pas de fuite. Ils se sentent bien en hauteur, là où il n’y a pas d’arbres et où l’on voit loin. Pour l’homme, par contre, un endroit sécurisant serait
plutôt un terrier, nous fonctionnons de manière opposée, ce qui explique que construire un box pour le bien-être de son cheval n’est pas forcément un cadeau pour celui-ci… Pour prendre soin de notre
cheval, on a souvent tendance à lui réduire son espace : clôture, étable, ceinture, mors… alors que les chevaux sont des claustrophobes naturels ! Cette caractéristique de l’animal de fuite permet aussi de comprendre l’utilité de se trouver dans un manège en rond pour rencontrer un cheval : il peut fuir s’il le souhaite, et quand on l’invite et qu’il vient, il continue néanmoins à se sentir libre de fuir si un danger se présente.

Chez les animaux de fuite, la peur se transmet immédiatement d’un à tous les individus du troupeau, contrairement aux autres sentiments (jeu, colère…) : il est nécessaire que les chevaux aient une montée
d’adrénaline pour pouvoir fuir rapidement. Si un cheval collabore avec l’homme, il sera donc très sensible à la peur de celui-ci ou au contraire à son sentiment de détente.
Le cheval est soumis à un comportement de survie, ce qui peut entraîner des réactions extrêmes.

Le cheval est avant tout un animal de troupeau, dans lequel existe une hiérarchie claire : il y a 2 chefs (ces données proviennent de l'observation de troupeaux sauvages). Il y a une jument de tête, qui se trouve en permanence à l’avant du troupeau, qui donne la direction et le rythme ; et un étalon de tête, qui reste à l’arrière pour ne perdre personne. Il y a un seul étalon adulte dans un troupeau. En effet, avant l’âge de 2-3 ans, les jeunes mâles sont éjectés du troupeau : ils se regroupent alors entre jeunes, et cherchent à s’accaparer des femelles dans des troupeaux déjà constitués. D’une manière générale on dénombre une douzaine femelles dans un troupeau.

Il y a deux choses qui constituent le troupeau :
- La hiérarchie : en cas de danger, il y a un seul individu qui décide (une discussion ne s’installe pas s’il faut fuir plutôt dans une direction ou dans une autre !). La jument de tête est souvent la plus forte mentalement, pas toujours physiquement : elle est reconnue pour ses qualités intérieures. La jument de tête sait toujours où elle va, elle ne prend pas de détour, avance tout droit, les autres doivent s’écarter sur son passage, lui montrer du respect. Un cheval ne teste pas mais il veut toujours savoir où il se trouve dans la hiérarchie.
- Les relations entre les individus sont durables. Par exemple si on enlève ou si on ajoute un individu dans un troupeau, il faudra un an pour que les liens se reconstituent. Le cheval a besoin de relations durables, il faut ainsi éviter de le déplacer souvent car cela ne lui convient pas.

Une fois que l’on comprend un peu mieux l’être du cheval, il y a deux positions permettant de travailler avec un cheval :
- Ou bien on se comporte comme un prédateur, et le cheval adopte une attitude liée à la peur
- Ou bien on cherche à être l’animal de tête, et le cheval collabore avec nous par respect.

C’est bien sûr la deuxième position que nous allons chercher à atteindre.

Les besoins du cheval
Les besoins du cheval peuvent se décliner suivant une pyramide. Si le premier niveau n’est pas rempli, le cheval ignore ceux qui viennent ensuite : Pour sa sécurité physique, le cheval a besoin d’espace et d’un troupeau. 
Le cheval fonctionne sur le mode instinctif tant que cette sécurité n’est pas assurée : on ne peut pas dialoguer avec un cheval dans cet état d’insécurité.

Le confort physique est déterminé par manger, boire, dormir, se reposer, se reproduire.
Le confort social est apporté par les relations, le jeu, la possibilité d’apprendre.
Quant la sécurité physique est assurée, le cheval est sur un mode de penser, on peut collaborer avec lui.

1er niveau : Sécurité physique
2ème niveau : Confort physique
3ème niveau : Confort social

Dans les relations entre l’homme et le cheval, le plus important ce sont le respect et la confiance.
La confiance (inverse de la peur) se situe dans le domaine de la sécurité physique.
Le respect lui se place plutôt dans le confort physique et social.
Quand toutes ces conditions sont remplies, alors le cheval peut apprendre, se lancer des défis, surmonter ses peurs.

Le rythme de vie du cheval
Un cheval a normalement une espérance de vie de 20-30 ans. Pourtant, en Allemagne, les chevaux vivent en moyenne 7 ans. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Quels sont les facteurs de stress chez le cheval domestique :
- La solitude : souvent il ne vit pas en troupeau
- Le manque d’espace : il est souvent dans un box
- L’alimentation, peu diversifiée
- La température : le cheval n’aime pas les températures constantes, et il a besoin d’ombre
- Les difficultés avec l’homme, les relations

Les 4 premiers facteurs de stress chez le cheval concernent les conditions d’élevage : il ne suffit donc pas d’aimer très fort son cheval pour que celui ci se sentent bien…

Les chevaux dans la nature se déplacent beaucoup, ils parcourent entre 20 et 60 km/j. Au printemps et à l’automne, ils réalisent de grands déplacements. Pendant une heure de travail en manège ou autre, un cheval parcourt 4 à 6 km : son besoin en déplacement n’est pas comblé, le cheval est frustré. Le cheval aime par exemple manger en marchant.

Comment se partage le temps dans une journée pour cet animal :
- 60 % pour manger : le cheval a besoin de manger la tête au sol, cela le détend
- 30 % pour se reposer : 20% debout et 10% couché : le cheval doit donc avoir un lieu pour se coucher
- 10% pour le reste, le jeu surtout

Si on travaille avec le cheval, on empiète forcément sur autre chose, le jeu et le manger. Solliciter un cheval 8h/j est de ce point de vue énorme.
Le respect des besoins et des rythmes des chevaux, leur prise en considération sont une condition préalable pour envisager un dialogue.

Le dialogue homme - cheval
L’homme et le cheval communiquent différemment. Le cheval s’exprime presque exclusivement par le langage corporel.

Par quoi passe la communication :
                       Le corps  Le ton   Le contenu
Chez l’homme    58%        35%     7%
Chez le cheval    99%       0,…%    0,…%

Ce qu’il faut retenir de cette étude, c’est sûrement qu’on doit utiliser notre corps pour communiquer avec le cheval : le cheval lit dans notre corps comme dans un livre. Tout comportement corporel a un caractère de communication pour lui.

De quoi se sert l’homme dans son langage corporel ?
- Les gestes : le cheval fait peu de gestes, il se tient sur ses mains : les mouvements de l’avant train peuvent être comparés à nos gestes 
- Les mimiques : le cheval n’en a que très peu, car elles ne lui servent pas beaucoup : les prédateurs attaquent surtout la nuit, le soir, le matin, quand on voit mal.
- La respiration 

Chez le cheval c’est la posture qui importe, la silhouette :
- La position des oreilles
- L’inclinaison du cou
- L’inclinaison du dos : rond quand l’animal est détendu, creux quand il est tendu ou qu’il a peur
- La queue

Il y a certaines caractéristiques du cheval sur lesquelles on peut réfléchir pour adapter notre attitude :
- La rapidité 
Seuls 5 animaux sur terre (pas dans l’air) sont plus rapides que le cheval : c’est d’ailleurs un problème que l’homme soit moins rapide, car c’est une des caractéristiques des animaux de tête. Cette rapidité implique aussi qu’il est nécessaire de répondre à un cheval dans les 2 secondes, le mieux étant entre 3 et 7 dixièmes de seconde ! Sinon il ne comprend plus à quoi on répond. L’homme sera donc toujours trop lent, ce qui signifie qu’il faut anticiper ce qui va se passer.
- La sensibilité
Un cheval sent une mouche qui se pose sur ses fesses : on ne devrait donc pas avoir besoin de faire plus, utiliser le regard ou effleurer la peau de l’animal doit suffire à se faire comprendre.
- L’harmonie
On doit essayer de ne pas déséquilibrer le cheval. Par exemple, pour nettoyer un sabot, on pousse souvent le cheval afin que son poids aille sur les 3 autres pieds, alors qu’on devrait plutôt lui demander de nous donner son sabot, et que lui-même modifie son équilibre.

Conclusion
Après des apports théoriques, Silke nous a aussi fait réaliser des exercices pratiques :
- jeu de rôle pour simuler la vie d’un troupeau de chevaux ;
- rencontre dans le manège entre une personne et un cheval avec des techniques de comportement à adopter afin de se positionner dans la relation en tant qu’animal de tête, plutôt qu’en tant qu’animal dominé ou animal prédateur ;
- expérience de mener l’animal dans les cultures légumières avec un outil de travail du sol ou de buttage…

Au début de la journée, Silke nous avait demandé d’écrire sur un bout de papier notre attente. J’avais écrit « Mieux comprendre le cheval pour mieux travailler avec lui ». A la fin de cette rencontre, je suis sortie riche d’outils, de clefs de compréhension, et d’envie d’aller plus loin.

Une dernière pensée : il me semble qu’on ne peut pas utiliser le cheval seulement par choix intellectuel, aussi cohérent soit-il, écologique ou autre (amener l’animal dans une monoculture comme la vigne par exemple). Il faut aussi être près à s’occuper d’un animal au quotidien, et à développer une âme d’éleveur. Et ce n’est qu’à force de pratique que l’on pourra acquérir le comportement juste qui nous permettra de
collaborer dans de bonnes conditions avec un cheval.

Ce qui est apparu aussi clairement au cours de cette courte expérience c’est que travailler avec le cheval, c’est avant tout travailler sur soi, et c’est peut-être la prochaine étape de la démarche à mener : « Mieux se comprendre soi-même pour mieux travailler avec le cheval ».

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Géraldine

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Re: La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

Message par Sandra le Ven 05 Fév 2016, 19:05

Merci pour le partage , dès que j'ai une pte heure devant moi je lis tout ça  car c'est sûre ça va m'intéresser
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Re: La communication chez les chevaux / La communication avec les chevaux

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