Le cheval est-il intelligent ?

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Le cheval est-il intelligent ?

Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 14:03

Bonjour,

C'est toujours un vaste débat quand quelqu'un pose la question de l'intelligence animale. J'ai trouvé plusieurs articles assez sympa qui traitent du sujet.

Je vous les fait donc partager.

L'article :

L'intelligence du cheval


La notion d’intelligence dépend du milieu dans lequel on se trouve, par exemple, pour un professeur de mathématiques, l’intelligence de l’élève dépendra de la manière dont il résout un problème ; pour un sportif, l’intelligence dépendra de la manière dont il appréhende le jeu …

De la même manière, on va définir l’intelligence du cheval en fonction de ce que l’on attend de lui. Donc, en général, l’intelligence du cheval est relative à sa façon de répondre aux attentes humaines. Pour un amateur d’obstacle, l’intelligence du cheval se remarquera dans sa manière de répondre aux sollicitations du cavalier, à sa façon d’aborder un obstacle, de sortir d’une ligne. Un cavalier d’extérieur s’attachera d’avantage aux peurs du cheval, à sa locomotion sur un terrain accidenté. Tout cela est très relatif : à un cavalier remarquant « ce cheval est idiot, il a traversé l’obstacle ! » on pourrait objecter « il est intelligent, il a compris que les barres tombaient toutes seules, pourquoi se fatiguer… » 

Si certains voient de l’intelligence quand un cheval répond rapidement et spontanément aux demandes de l’homme, d’autres y voient, au contraire, de la bêtise. Selon eux, si le cheval se laisse monter et « dominer » par l’homme malgré sa force, c’est parce qu’il est dépourvu d’intelligence. Le cheval serait un animal intelligent, il ne se serait jamais laissé monté, attelé…

Ces points de vue sont, à plus ou moins grande échelle, anthropomorphiques car ils sous-entendent que le cheval est motivé par des buts humains : sauter une barre, se promener, être libre…
Le cheval est un animal régit par ses réflexes et ses émotions. Son but, comme celui de tous les animaux est de trouver, de préserver son confort, sa sécurité, sa vie (il en découle la survie de l'espèce.) On peut donc être porté à penser que l'intelligence du cheval est montrée dans sa capacité à préserver son confort. Par exemple, les poneys de mon premier centre équestre, selon les cavaliers qui les montaient, s'arrêtaient dans tous les coins pour crottiner, se ménageant ainsi une courte pose, régulièrement.
Différent spécialiste du cheval ont établi des tests pour tâcher d’évaluer l’intelligence équine ; ainsi, on pourrait penser que l’intelligence équine est déterminée par les résultats à ces différents tests. C’est cependant restrictif et tend à simplifier une notion particulièrement complexe.

Pour définir plus précisément l'intelligence du cheval, il convient alors, d'en trouver d'abord une définition générale.
«  Faculté de comprendre de découvrir des relations (de causalité, d'identité....) entre les faits et les choses. » (dictionnaire Hachette)
De nombreux auteurs, psychologues, scientifiques... ont donné leur propre définition du concept. 

La définition de Douglas Hofstadter dans "Göedel, Escher, Bach" me semble particulièrement intéressante :
L'intelligence est la capacité de
[*]réagir avec souplesse aux situations qui se présentent
[*]tirer profit de circonstances fortuites
[*]discerner le sens de messages ambigus ou contradictoires
[*]juger de l'importance relative de différents éléments d'une situation
[*]trouver des similitudes entre des situations malgré les différences qui peuvent les séparer
[*]établir des distinctions entre des situations malgré les similitudes qui les rapprochent
[*]synthétiser de nouveaux concepts à partir d'anciens concepts assemblés différemment
[*]trouver des idées nouvelles
(Source : Wikipédia)

Voici donc des caractéristiques proposées à la manière de Douglas Hofstadter pour définir l’intelligence équine. Il faut garder à l’esprit que ce qui importe pour le cheval, ce à quoi va lui servir son intelligence, c’est l’obtention d’un maximum de confort. Celui-ci découle de sa sécurité, de la satisfaction de ses besoins naturels et de la loi du moindre effort.

En ce qui concerne la relation à l’homme, l’intelligence du cheval est très étroitement liée à sa capacité d’apprentissage donc à sa capacité mnésique, ses facultés d’adaptation et de compréhension.

Comprendre une demande (humaine) ; comprendre, découvrir des relations entre les faits et les choses.
Lorsque nous parlons d'intelligence équine, le nom de Hans le malin nous vient fréquemment en mémoire. Il était capable de réaliser des additions simples et en donnait la réponse en frappant du pied. Au grand dam de son propriétaire, il s'est avéré que le cheval ne savait pas compter, mais qu'il repérait, à l'attitude de son maître, le moment de cesser de taper du pied. Et pourtant n'est-ce pas une merveilleuse preuve d'intelligence ? Ce cheval avait compris, précisément ce que l'on attendait de lui : taper du pied jusqu'à ce qu'un signe discret lui demande de s'arrêter.

Ainsi, tous les chevaux domestiques (ou la plus grande majorité) sont capables de comprendre, à condition que les choses leur soient posées correctement, ce que l'homme veut de lui. D’ailleurs, le dressage du cheval est en grande partie fondée sur sa compréhension des incitations humaines. Pour bien se faire comprendre du cheval, il vaut mieux, pour l’homme, s’inspirer du mode de communication équin, mais le cheval apprend rapidement à interpréter les comportements humains.

Discerner le sens de messages ambigus ou contradictoires
Le mode de communication équin est tel qu’il n’y a pas de place pour l’ambiguïté. Dans ces relations avec l’homme, celui-ci lui envoie fréquemment des messages contradictoires ou peu clairs. Le cheval arrive parfois, à tirer du contexte et de son expérience, la bonne réaction. Lorsqu’un cavalier débutant tire maladroitement sur ses rênes en mettant un coup de talon, le cheval d’école comprend généralement ce qu’il a à faire. Dans certaines situations, le cheval peut être capable de discerner des messages ambigus ou contradictoires.

Trouver des similitudes entre des demandes malgré les différences qui peuvent les séparer ; établir des distinctions entre des demandes malgré les similitudes qui les rapprochent ; comprendre de nouvelles choses à partir d’éléments anciens.

Danièle Gaussin, dans ses travaux de recherche sur le langage, a montré que le cheval, après l’apprentissage de la signification d’un terme était capable de le relier à un autre, et d’en déduire le sens d’une nouvelle demande : Le cheval sachant faire un cercle à droite, réalise à la demande un cercle à gauche. Pour faire cela, la jument a été capable de faire la distinction entre « cercle à droite » et « cercle à gauche » mais aussi de faire le rapprochement entre les deux demandes (cercle) et ainsi en tirer un nouveau « concept. » Cependant, le travail de Danièle Gaussin reste très particulier et la jument a été capable de telle réalisation grâce, je pense, à tout le travail préparatoire qui a largement stimulé son intelligence (au-delà des stimulations habituelles des chevaux de selle.)

De manière moins exceptionnelle, le cheval peut tirer certaines conclusions en faisant des rapprochements et des différences dans des situations diverses : ainsi on peut transposer la compréhension qu’a le cheval de différents ordres en main à la longe et à cheval. Par exemple, le cheval apprend à reculer en main, comprend que le mot « reculer » à la même signification lorsqu’il est en longe malgré l’attitude différente de l’homme et peut en comprendre aussi la signification lorsque le cavalier est à cheval : il repère des similitudes. Ma jument (comme beaucoup de chevaux) ne réagit pas à la cravache lorsqu’elle est rêne longue et en repos et que je chasse une mouche, alors qu’elle y répond en situation de travail (comprendre des différences de situation.)

Le cheval apprend beaucoup par essais et erreur mais aussi par association entre différents éléments connus. On peut revenir à Danièle Gaussin et à sa jument qui, par exemple, « faisait un cercle et s’arrêtait sous l’arbre. » mais des éléments plus habituels montre que le cheval peut associer des éléments pour en comprendre un nouveau : Il peut par exemple associer l’action des rênes pour tourner avec celle de trotter, et comprendre qu’il doit garder le trot en changeant de direction.

Faire preuve d’une certaine capacité d’abstraction ou de symbolisation : établir des liens entre des symboles et la réalité.
Dans beaucoup de définition, la notion d'intelligence est liée avec celle d'une certaine abstraction, ce dont le cheval est tout à fait capable, dans une certaine mesure.

En effet, les mots « marche », « trotte »... N'ont pas de liens directs avec les actions de marcher ou trotter, pourtant, le cheval apprend facilement à en comprendre le sens. D'une manière semblable, le cheval est capable de distinguer parmi divers symboles celui sous lequel se cache une friandise.

Il paraît que les chevaux qui travaillaient dans les mines de charbon de Pas de Calais jusqu'au milieu du siècle dernier savaient compter jusqu'à 18. C'était le nombre de wagonnets que les mineurs étaient autorisés à leur faire tracter. Mais s'ils étaient peu remplis, on en rajoutait 2 ou 3. Or, une fois le 18ème accroché, le cheval, qui avait écouté les bruits de roulements et d'accrochages, s'énervait et voulait se mettre en marche, sachant que le compte habituel était atteint !

Réagir avec à propos aux situations qui se présentent : avoir un comportement adapté.
C’est-à-dire que le cheval va être capable de réagir de la manière la mieux adaptée possible, en respectant la loi du moindre effort, tout en restant en sécurité. Pour les humains, il s’agirait de ne pas se laisser gouverner par ses émotions ; cela est bien sûr non applicable au cheval qui est un animal émotionnel, cependant, une bonne utilisation de ses connaissances l’aide dans certains cas à agir de manière plus pondérée. Prenons le cas d’un animal sauvage qui aperçoit un mouvement suspect, la réponse liée à sa survie est de fuir, vite et loin. Cependant, le cheval peut adapter la durée de la fuite à la nature du prédateur et même renoncer à courir s’il se rend compte que le danger n’est pas réel. Dans la même situation, le cheval domestique peut utiliser son éducation pour savoir qu’il est en sécurité et s’épargner ainsi la fatigue d’un galop frénétique. Ainsi, de nombreux chevaux domestiques réagissent peu aux mouvements extérieurs lorsqu’ils sont dans leur pré car leur expérience leur a appris qu’ils y sont en sécurité. L’utilisation intelligente de cette connaissance peut leur éviter une fatigue inutile. 

Être capable d’analyser la situation.
En fait le cheval doit analyser la situation dans laquelle il se trouve et agir de la manière la plus appropriée possible. Par exemple, si le cheval se fait une prise de longe, il a de forte chance de tirer et de se blesser : cela est lié au comportement naturel du cheval et répond à son besoin de liberté lié à l’instinct de fuite. Cependant, certains chevaux sont capables de rester la jambe en l’air en attendant patiemment qu’on le libère (en particulier si on lui parle tranquillement à côté.)

Avoir des rapports sociaux cohérents.
D’autre part, il est dans la nature du cheval de privilégier les relations harmonieuses. En effet, réagir envers les individus de manière propice à éviter les conflits est un des fondements de la société équine. En ce qui concerne l’aptitude à réagir avec souplesse aux situations, l’intelligence sociale du cheval n’est plus à démonter. On parle généralement d’instinct quand on se réfère au comportement social des équidés. Cependant, l’instinct est quelque chose d’inné, d’équivalent aux membres d’une même espèce ; ce n’est pas le cas pour tout les éléments du comportement social : il nécessite un apprentissage (de nombreux chevaux isolés jeunes ne savent pas se conduire correctement en troupeau) et tous les chevaux ne sont pas égaux dans leur position sociale (hiérarchique.) Il y a donc bien une source intellectuelle dans le fonctionnement social des équidés. 

Tirer profit des circonstances.
Bien sûr les chevaux savent, plus ou moins bien, tirer profit des situations, tout cavalier honnête peut le certifier : Combien de débutants se sont faits promener de touffe d’herbe en touffe d’herbe car leur poney tirait un magnifique profit de leur incapacité à le tenir correctement ! De la même manière, certains poneys testent le courant dans les fils avant de se faufiler dessous. Joguette (ma ponette) a l’art et la manière de fouiller les poches à la recherche de friandises, d’ouvrir les poubelles de grain… D’ailleurs le cheval quoi qu’il fasse, n’exécute que pour en tirer du profit.

Lorsque j’étais en Corse, j’ai eu à faire à un poney qui avait été maltraité, il craignait l’homme et ne perdait pas une occasion de se sauver. Un jour qu’il était parvenu à joindre le maquis, il a cessé de fuir pour nous échapper mais se faufilait entre les buissons et se cachait réellement dedans, restant immobile les oreilles, yeux, naseaux aux aguets. Il se sauvait dès qu’on le voyait et se cachait plus loin. Il tirait assurément un profit intelligent (réfléchi) des particularités du terrain dans le quel il se trouvait.

L’intelligence du cheval est donc sa capacité à :
[*]Comprendre une demande (humaine) ; comprendre, découvrir des relations entre les faits et les choses. 
[*]Réagir avec à propos aux situations qui se présentent ; avoir un comportement adapté.

Elle est liée à sa capacité d’apprentissage et d’adaptation et dépend de sa capacité mnésique. Elle a pour but de satisfaire à ses besoins naturels de sécurité, d’alimentation… et donc de lui procurer une sensation de confort. L’intelligence équine n’est pas une fonction des besoins humains, néanmoins, si l’homme s’assure que le cheval trouvera confort et sécurité en sa compagnie et en se pliant à ses requêtes, il pourra en profiter agréablement.


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Message par gebouye le Jeu 07 Jan 2016, 14:38

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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par Sandra le Ven 05 Fév 2016, 18:57

Très intéressant cet article Géraldine, et pour moi ça ne faisait aucun doute !
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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par gebouye le Ven 05 Fév 2016, 19:05

Merci Sandra. Pour moi non plus cela ne faisait aucun doute mais j'ai apprécié l'angle de la réflexion ^^

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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par NDLAND le Ven 05 Fév 2016, 22:33

perso: les chevaux sont très cons!!!!!

ceux et celles qui me connaissent apprécieront....
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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par Jean le Sam 06 Fév 2016, 04:40


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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par klaasnoir le Sam 06 Fév 2016, 06:01

moi non plus je n ai aucun doute sur le sujet ....

il y a des gens cons qui rendent les chevaux cons ......et ensuite il faut qu ils aient la chance de quitter ces gens cons pour tomber chez des gens moins cons pour qu ils redeviennent eux mêmes c est a dire des chevaux ...
j en ai vu pas mal dans ma vie ....... et on en a un a la maison qui m a montré hier encore que malgrès tous les souvenirs qu il avait des humains il faisait la difference avec celui qui lui faisait du bien et en etait reconnaissant
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Re: Le cheval est-il intelligent ?

Message par Jean le Sam 06 Fév 2016, 06:09

Maryse, ne te méprend pas sur le petit mot de Gégé ! Un tantinet provoc la madame ... faut chercher derrière les lignes ! 


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