La dermite estivale ... une maladie de la civilisation ? (Par Peggy Pansart )

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La dermite estivale ... une maladie de la civilisation ? (Par Peggy Pansart )

Message par Jean le Ven 10 Avr 2015, 08:05

La dermite estivale (II/II)
une maladie de la civilisation ?
Par Peggy Pansart, de l'Observatoire Animaderm.


Nous continuons notre grand dossier sur les dermites du cheval (et notamment sur la dermite estivale récidivante) qui sont en constante augmentation. Nous nous penchons ce mois-ci sur les conditions de vie du cheval domestique qui semblent constituer des facteurs déterminants dans l'apparition de ces différentes affections. La connaissance et la compréhension de ces facteurs et de leurs mécanismes d'action débouchent sur des possibilités de prévention et de traitement.


Les dermites équines sont de natures diverses et très nombreuses. Elles sont la conséquence d’un désordre dans la manière d'entretenir les chevaux. Et, fait très alarmant, elles sont en croissance exponentielle puisque nous estimons aujourd’hui que plus d’un cheval sur 10 présente un problème dermatologique plus ou moins important et récidivant, contre un sur 25 il y a encore 10 ans.

On peut distinguer :

Les dermites parasitaires, qui sont les plus répandues et se présentent sous deux types distincts : les dermites liées aux acariens (les gales) et celles liées aux insectes piqueurs. Mais ces deux types ont un point commun : ces dermites sévissent quelle que soit la saison et provoquent des démangeaisons intenses, sur tous le corps, y compris la crinière, la queue, la tête et les oreilles. Nous estimons que la gale des crins (due aux acariens) est prise dans plus de 60% des cas pour une « dermite estivale » liée aux moustiques culicoïdes.

Les autres dermites, bactériennes (dermatophylose, gale de boue) qui est en fait l’eczéma du paturon fongiques (champignon comme la teigne), ou alimentaires (réaction allergique à un aliment) restent dans une proportion normale, et l’augmentation du nombre de cas n’est pas significative depuis 10 ans, à l’inverse de ce qui se passe pour les dermites parasitaires.

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Dermite estivale
Les poneys, pourtant très sensibles aux phénomènes de grattage, sont le plus souvent épargnés lorsqu'ils mènent une vie naturelle dans un environnement sain. © L. Bataille.

A l'Observatoire, nous sommes régulièrement sollicités par les propriétaires de chevaux désirant connaître les raisons des dermites équines et de leur augmentation manifeste.

Dans un même temps, les informations que nous récoltons sur les conditions de vie des chevaux sont de plus en plus alarmantes. Nous ne parlons pas de violence ou de maltraitance, bien sûr, mais d’un état général de vie des équidés parfois quelque peu surréaliste. Nous avons cru, au départ de nos recherches, que les chevaux, dits de sport, bénéficiaient le plus souvent de soins extrêmes, d'un suivi permanent dans leur forme physique et psychologique, et que l’augmentation des dermites équines était largement due aux facteurs climatiques et environnementaux.

«Parasitisme et modifications climatiques sont très liés, mais restent presque anecdotiques par rapport aux conséquences de la domestication»

D’un certain point de vue, nous étions sur la bonne piste : le parasitisme et les modifications climatiques semblent être liés. Mais en allant plus en profondeur dans nos études, nous avons pris conscience que ces facteurs étaient presque anecdotiques par rapport aux conséquences de la domestication des équidés.

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Diverses affections dermatologiques, parfois difficiles à diagnostiquer de façon sûre, sont prises à tort pour de la dermite estivale. © LBataille.

Si le parasitisme entraîne des dermites comme la DERE, la gales des crins (acariens), la dermite de la ligne ventrale, la dermites des oreilles, la gale des paturons etc. les déséquilibres alimentaires et les effets de la domestication augmentent la sensibilité des chevaux face au parasitisme et font naitre des terrains allergiques très forts. Comble de l’ironie, nous avons même vu un cheval allergique à…l’herbe ! Son hypersensibilité était telle qu’il ne pouvait plus rien manger sans un contrôle draconien de chaque espèce d'herbacée que nous lui donnions.

Le parasitisme est parfois "cultivé" !

Fumière à portée des boxes, curage ou même simple nettoyage des boxes ou abris de manière trop occasionnelle, « gâteau » de crottins et d’urine dans les box pour stabiliser les sols et maintenir une couche « chaude » en hiver, boue permanente à l’entrée des paddocks ; prairies ou champs trop petits dans lesquels les déjections couvrent les sols, abreuvoir d’eau stagnante, absence de ventilation des zones de vie et notamment des boxes, etc. La liste est encore longue...

Les traditionnels usages dans les soins des chevaux doivent être remis en question. Sous prétexte que les chevaux sont entretenus comme cela depuis plus de vingt ans, il est difficile de changer ces habitudes et de prendre en compte les évolutions d'ordre scientifique, éthologique ou relevant parfois du simple bon sens.

«L’hypersensibilité développée d’une année sur l’autre à cause des attaques parasitaires rendent le système immunitaire moins fort»

Ceci ne fait qu’augmenter le niveau de parasitisme à proximité des chevaux. Ils sont « pris au piège » dans un environnement qu’ils ne peuvent plus fuir. Pendant de longues années, ils y ont résisté. Mais ils s’affaiblissent et deviennent de plus en plus réactifs à cette invasion grandissante.

Des manifestations cutanées, mais aussi respiratoires

Les premières manifestations sont souvent cutanées et respiratoires. L’animal est piqué, attaqué, envahi, et ce maintenant, de manière constante. Il n’a qu’un répit provisoire de quelques mois, l’hiver. Mais d’une année sur l’autre, ce temps de « repos » se réduit comme une peau de chagrin. La capacité de résistance du cheval s’amoindrit, et commence alors le parasitisme d’hiver. Il est de plus en plus fréquent de voir des chevaux se grattant uniquement l’été, commencer à se gratter en automne ou même en hiver. La raison est simple : l’hypersensibilité qu’ils ont développée d’une année sur l’autre à cause des attaques parasitaires rendent son système immunitaire (ses défenses internes) moins fortes.

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Un trop grand nombre d'animaux à l'hectare, un sol souillé de crottins... un environnement propice au développement des parasites et à l'amoindrissement des défenses immunitaires. © L. Bataille

L’hiver est source de grand parasitisme, tout comme l’été. Mais ces invasions sont beaucoup plus « sournoises ». Invisibles à l’œil nu le plus souvent, acariens, poux, champignons viennent prendre le relais des moustiques, stomoxes et autres mouches. Progressivement, ils vont coloniser les individus les plus défaillants et s’installer sur l’épiderme. En dévorant la base des poils (au départ sur les membres), ils vont créer des démangeaisons de plus en plus importantes. Au printemps, ils ne quitteront pas leur hôte mais s’étendront sur tout le corps pour gagner les crins (zone plus humide et plus à l’ombre). L’équidé deviendra alors la zone de vie d’une multitude d’envahisseurs, hivernaux comme estivaux. Et nous aurons l’impression que notre cheval augmente sa dermite "estivale", les grattages devenant beaucoup plus intenses.

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Graphique de la cessation des démangeaisons

La question posée dans notre enquête de 2008 était « quand se terminent les démangeaisons ? » 45% des interrogés répondent « en octobre », ce qui est cohérent pour les dermites d’été mais un grand nombre parlent des mois suivants. Quant aux autres, ils disent que cela ne s’arrête pas vraiment. Toutes les démangeaisons de « vraies » DERE s’arrêtent obligatoirement entre septembre en octobre. Les 40% des pathologies qui continuent durant les saisons froides ne sont donc pas des DERE. L’étude 2009 est encore plus flagrante, et le panel d’interrogés étant plus important et plus représentatif, ce chiffre semblerait monter à 55/60%... © Observatoire Animaderm.

Des moyens simples...et presque gratuits

Eliminer ces nuisibles relève malheureusement de l’exploit de nos jours. Leur prolifération est telle, leur résistance aux divers insecticides et autres produits chimiques ou naturels rendent la tâche presqu’impossible. Si leur éradication n’est pas vraiment envisageable, il existe cependant des moyens très simples pour limiter leur prolifération et offrir à nos chevaux des zones de vie décentes.

Non les chevaux n’aiment pas la boue, le purin et autre zones souillées. Les chevaux sauvages sont souvent bien plus propres que ceux que nous avons dans nos prés. Et pour cause : ils sont garants eux mêmes de leur bonne santé, condition de leur survie. C’est souvent en observant la nature que nous trouvons les solutions à nos problèmes modernes. Mais plus simplement : accepterions-nous que notre chien dorme dans son urine sous prétexte que cela lui tient chaud ? Accepterions-nous qu’il reste enfermé toute la journée dans une pièce, de surcroît souillée ? Peut-on trouver normal qu’un cheval de 400 kg soit enfermé plus de 6 heures dans 9 m² à proximité de ses crottins ? Pourquoi accepter qu’il vive dans un champ miné de crottins (et donc de mouches) et qu’il doive brouter à proximité ?

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Une zone de crottins restant dans le pré constitue un réservoir de parasites. © L. Bataille.

Vous l’aurez compris, la première action sanitaire est d’éliminer des zones de vie les sources de parasitisme : tous les parasites naissent dans les zones humides et/ou souillées. Il n’est pas besoin de dépenser des sommes considérables dans des produits divers, pas toujours très sains d’ailleurs pour notre nature. Et pour une fois, c’est presque gratuit !

La première étape

Elle consiste à supprimer au mieux les déjections, car elles sont le berceau de ces nuisibles :

Ôtez les crottins et les litières souillées par l’urine le plus souvent possible (tous les jours, voire plusieurs fois par jour) et arrangez-vous pour stocker la fumière le plus loin possible des zones de vie.
Supprimer le « gâteau » (sous-couche de paille, copeaux…parfois laissé pour stabiliser les boxes ou abris, et qui représente un gigantesque nid pour un nombre impressionnant de parasites). Investissez si possible dans des plaques en caoutchouc (le coût semble certes élevé à l’achat, mais devient rapidement très rentable car ces plaques nécessitent très peu de paille ou copeaux. De plus, cette matière est très facile à entretenir : un coup de balai et de jet, la zone est propre. Le temps du nettoyage de box est ainsi considérablement diminué.
Combler les entrées de paddocks et les trous remplis de boue (des plaques extérieures en caoutchouc ou en damier métal sont également très pratiques)

La deuxième étape

Elle concerne l’eau et les postes d’alimentation.
Désinfectez très régulièrement les abreuvoirs ainsi que les mangeoires (sources de parasitisme interne également) car :

La chaleur fait naître dans les eaux stagnantes des algues et donc des parasites (pas besoin d’accuser la mare du voisin, cela peut simplement être un abreuvoir insuffisamment entretenu).
Certaines mouches pondent dans les restes de nourriture présents dans la mangeoire ou dans le foin humidifié par le sol et la boue. Les larves sont ensuite ingérées par les chevaux (notamment lorsqu’ils lèchent les bords des seaux ou mangeoires). Pour désinfecter simplement les abreuvoirs, utilisez les pastilles vendues en pharmacie pour rendre l’eau potable. Une pastille par jour permet de garantir la qualité de l’eau et cela coûte moins de 10 € pour une année d’utilisation ! Et pour les mangeoires, un coup d’éponge à l’eau de javel suffit…
En peu de temps la différence sera notable : vous diminuerez considérablement l’invasion des mouches et autres parasites visibles ou non. Et si ils se collent sur les murs, un jet d’eau de javel de temps en temps assainit le tout.

La ventilation : un atout essentiel

Dernier point qui peut avoir son importance, notamment lorsqu’il fait chaud : la ventilation. Plus un cheval a chaud, plus il transpire. Cette humidité qu’il crée attire les mouches mais favorise également la prolifération des parasites microscopiques. C’est pourquoi, plus la zone de vie est aérée, ventilée, moins le cheval attirera de nuisibles. Une éponge mouillée pour enlever la transpiration peu se révéler également très efficace.

Si ces mesures semblent contraignantes, elles ont l’avantage d’apporter à nos chevaux plus de sérénité et d’améliorer considérablement leurs conditions de vie.

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Des ancêtres du cheval vivant dans des steppes et forêts au cheval domestique du XXI° siècle, vivant dans un environnement antinaturel, souvent pollué de surcroît... © Observatoire Animaderm.

Dans un même temps, les frais vétérinaires seront grandement diminués, tout comme ceux liés à l’achat de litières. Enfin, il faut prendre conscience d’un fait que l’on a tendance à oublier : un cheval est un animal qui n’a génétiquement pas évolué depuis 2,5 millions d’années. Il est donc fragile du fait qu’il ne s’adapte pas facilement aux énormes modifications que nous lui infligeons depuis 20 ans. Il nécessite donc beaucoup de soins, tant en termes de produits d’entretien (litière, nourriture…) qu’en termes de temps. Il est surtout nécessaire que l’on comprenne ses besoins originels et naturels. Le naturel et le bio sont de plus en plus prônés, mais notre attitude est-elle vraiment …naturelle ?
Le phénomène « dermites » ne peut donc que s’accentuer et les formes, connues depuis plus d’un siècle, sont en réelle recrudescence.

Les « palliatifs » anti-insectes

Il existe beaucoup de produits disponibles sur le marché pour protéger le cheval des parasites d’été notamment. Tous sont intéressants et peuvent être grandement utiles. Mais ils n’empêchent pas le cheval d’être « pris au piège » de cette invasion parasitaire. Les lotions sont souvent indispensables pour calmer des démangeaisons insupportables et permettent de donner un peu de répit. Les bonnets anti-mouches ou autres frontaux sont les bienvenues car ils protègent un peu les zones sensibles de la tête, réduisant l’énervement.

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En apportant une certaine protection contre les divers insectes, le bonnets anti-mouches protègent les zones sensibles de la tête et réduisent l'énervement, lui-même source de déséquilibre physique. © N.Valère.

Quant aux couvertures, attention à leur utilisation : les couvertures dites « anti-dermites » sont faites pour protéger un cheval des piqures d’insectes et des mouches. Or il existe deux grands types d’insectes piqueurs : ceux de la journée et ceux du soir. Les insectes piqueurs diurnes sont beaucoup plus virulents sur les chevaux hypersensibles (présentant déjà des problèmes de dermites) et la couverture peut les protéger. Mais la chaleur et la transpiration peuvent aussi provoquer des réactions inattendues : la prolifération des acariens des crins, grandes causes de démangeaisons. C’est pourquoi il n’est pas exceptionnel de retrouver les couvertures déchirées, les chevaux continuant à se gratter…en dessous !

«Les couvertures anti-DERE doivent être mises uniquement en fin de journée»

Les culicoïdes (ces moustiques responsables de la fameuse D.E.R.E (Dermatite Estivale Récidivante Equine) ne sont actifs qu’en fin de journée jusqu’au coucher du soleil. Ces petits moustiques sont si petits (moins d’1mm) qu’ils ne peuvent absolument pas piquer au travers d’une couverture. Celle-ci doit donc être mise en fin de journée pour qu’elle ait une réelle efficacité. La mettre toute la journée est totalement inutile et risquerait de stimuler l’apparition d’autres dermatites liées à la transpiration ou aux acariens. Le mieux est encore de rentrer les chevaux en fin de journée et de les ressortir après 22 heures.

Le rôle essentiel de l'alimentation

Les chevaux n’ont pas les mêmes habitudes alimentaires que les hommes. En hiver un cheval mange moins et a plus d’activité (du fait de la recherche d'une nourriture plus rare puisqu'il y a moins d’herbe) et cette période est une sorte de régime hépatique, de nettoyage interne des toxines accumulées. En été, il agit de façon inverse, se ruant sur l’herbe azotée en abondance.

Alors attention à un certain "gavage" hivernal ! Celui-ci court-circuite la période indispensable à l’élimination des toxines, et empêche l'animal de nettoyer son corps. Cet excès alimentaire lui inflige un trop-plein permanent que son organisme ne peut plus « digérer ». La conséquence est un affaiblissement interne, une fragilité qui augmente d’une année sur l’autre et qui se traduit de façons multiples: l’impossibilité de résister au parasitisme, des problèmes respiratoires grandissants, une récupération plus lente après une activité, une baisse de forme générale, des grattages intempestifs, des pertes de couleurs de robe, des problèmes articulaires etc…

«Il ne faut pas chercher à nourrir les chevaux toute l’année de la même manière»

Il faut donc prendre le temps d’adapter les rations à la saison, mais aussi à l’activité et ce, chaque jour. Pourquoi continuer de penser qu’un cheval bien portant est un cheval rond ? Les anciens disaient qu’il fallait voir les deux dernières côtes derrière les quartiers de la selle pour savoir si un cheval était sain. Regardez les chevaux de compétition, leur ligne galbée et leurs…deux côtes bien visibles ! Sont-ils mal portants, pas assez nourris ?

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L'âge d'apparition, des symptômes (d'après une enquête récente de l'Observatoire Animaderm). Il s’agit de l’âge moyen d’apparition des premiers problèmes dermatologiques (avec démangeaisons). Mais n’ayant pas d’historique précédent, nous ne pouvons conclure à une évolution particulière. Cependant, il semble que les chevaux atteints le soient relativement tôt, ce qui induit naturellement le fait qu’il y ait une vraie corrélation avec une faiblesse immunitaire innée. © Observatoire Animaderm.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’état dermatologique d’un cheval (en dehors du parasitisme) est lié à ce qu’il mange. Les défaillances immunitaires sont des défaillances internes. Si nous pouvons assainir les zones de vie, nous pouvons également renforcer leurs défenses internes en agissant sur la nourriture. Elle doit donc être variée et s’adapter aux saisons, sans chercher à nourrir les chevaux toute l’année de la même manière.

Un décalage entre alimentation et besoins alimentaires réels

Il ne s’agit pas de qualité (quoique...) mais avant tout de diversité. N’avez-vous jamais remarqué que votre cheval va se jeter sur un type d’herbe pendant une semaine et l’ignorer la semaine suivante ? Les herbes, base de son alimentation, sont une fontaine de jouvence : leurs propriétés d’une espèce à l’autre, permettent d’apporter aux équidés les besoins nutritifs indispensables mais également et surtout les remèdes contre les maux de tous les jours. Le pissenlit par exemple est un concentré de terpen, fort anti-oxydant dont nos chevaux raffolent. Et pour cause ! L’apport trop élevé de nourriture été comme hiver les oblige à chercher cette herbe si salutaire pour leur organisme. Mais en trouvent-t-ils dans leur alimentation habituelle ? Cet exemple illustre de façon simple le décalage qu’il y a entre leurs besoins et notre façon de les nourrir.

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© Observatoire Animaderm.
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L'Observatoire Animaderm avait voulu voir si il y avait des prédisposition de race, de robes ou même de particularités de robe, mais en pondérant nos résultats avec les informations officielles des Haras Nationaux : les proportions étaient approximativement les mêmes. D’un point de vue empirique, cela ne nous a pas convaincu car nous notons que certaines races semblent revenir plus que d’autres. C’est pourquoi, l’étude 2009 a accentué ce point. Pour la répartition par type (jument, entier…) elle est également parfaitement cohérente avec les chiffres des Haras. © Observatoire Animaderm.

L’adaptation de la quantité de nourriture donnée en fonction des saisons est donc primordiale. Mais il est également indispensable de la pondérer avec l’activité demandée au cheval. Si un cheval est monté tous les jours, de manière intense, il aura besoin d’un apport alimentaire important et de nature plus riche et vitaminée. A l’inverse, un cheval qui ne fait qu’une petite balade tranquille le week-end en été ne devra recevoir aucun apport supplémentaire (sous réserve que son pré propose de l’herbe en abondance). Bref, tout est une question d’équilibre entre la race du cheval (un arabe n’a pas les même besoins alimentaires qu’un cheval normand, étant originaire de pays arides où l’herbe est plus rare) la saison et l’activité. Ajuster l’alimentation, la quantité, la diversité aux réels besoins de chaque cheval, et ce chaque jour, est aussi important que les soins de pansage.

Les alimentiers sont bien entendu très au fait de cela. Certains proposent même des simulations en ligne pour calculer les quantités de ration à donner en fonction de ces paramètres. Il est donc essentiel de s’informer.

Dernier point : les prairies.

Si elles doivent être les moins souillées possible comme nous l’avons vu, elles doivent aussi être bien gérées : « un hectare pour un cheval » dit-on. On pense que cette surface est nécessaire pour que ce grand animal puisse galoper en liberté. Mais un cheval mis au pré galope et rue pendant les 30 première secondes puis il se met à…brouter.

L’hectare dont on parle est donc nécessaire pour que l’ensemble des espèces herbacées dont le cheval a besoin puisse exister. L’herbe mangée ou piétinée finira par ne plus pousser. Le terrain sera alors vide ou envahi par une autre espèce plus résistante et convenant beaucoup moins aux chevaux. C’est pourquoi, la gestion des prairies est un élément indispensable dans les soins aux équidés. Cela fera l'objet d'un important dossier Cheval Savoir.

La gestion de l’alimentation peut considérablement aider les chevaux face à leurs problèmes de dermites, mais aussi par la variété dans l’alimentation et l’apport de plantes « remèdes », mais aussi par une bonne gestion des quantités en fonction de l’activité, de la saison et de la race, qui diminue ainsi les surplus de toxines accumulées.

Par ailleurs, le fait d’être dehors améliore l'état psychologique du cheval, ce qui indirectement renforce son état physique.

L'observatoire Animaderm

Créé en janvier 2008 par la société Animaderm, l'Observatoire a pour but de récolter un grand nombre d'informations sur les dermites équines.

Nos recherches portent essentiellement sur les conséquences directes et indirectes de la domestication des équidés sur leur état dermatologique : la qualité des zones de vie, le parasitisme, l’alimentation, l’activité…

Plusieurs sources d'informations sont à notre disposition : nos enquêtes terrain et enquêtes en ligne, les remontées d'informations du service client d'Animaderm, les recherches et études entomologiques, éthologiques, vétérinaires et climatologiques des équipes de l'Observatoire.

Quand la gale est prise pour la DERE...

Les gales chorioptiques et/ou psoroptiques : (dûes aux acariens : le choriopte et le psoropte) étaient auparavant considérées comme une pathologie occasionnelle et contagieuse.

Ces gales mal connues, que l’on pensait éradiquées, semblent reprendre de l’ampleur dans nos écuries. En effet, leurs symptômes sont si proches de ceux de la « dermite estivale » qu’elles sont très souvent prises pour cette dernière et ne sont donc pas traitées en conséquence.

Le choriopte commence en automne/hiver par infester les membres du cheval, entraînant un certain grattage (somme toute relatif). Au printemps, il tend à monter plus haut sur les membres, accentuant considérablement sa prolifération, et donc les démangeaisons.

Dès les premières chaleurs, il va se nicher dans les zones humides du corps : crinière et tête sont ses lieux de prédilection, l’humidité liée à la transpiration étant une condition de vie idéale. Les démangeaisons en seront décuplées.

Dans un même temps, le psoropte va à son tour envahir le cheval en attaquant la base de la queue, la crinière, le dos et les oreilles, provoquant un prurit intense.

En automne, l’humidité des sols amènera le choriopte à redescendre vers les parties basses de son hôte. Les démangeaisons du haut du corps ralentiront, voir disparaîtront. Le psoropte, quant à lui, réduira sa prolifération et son action de lui-même (mais pas toujours, d’où les grattages en hiver).

Peggy Pansart.

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Re: La dermite estivale ... une maladie de la civilisation ? (Par Peggy Pansart )

Message par Logisdesbois le Ven 10 Avr 2015, 08:20

Pour ma part, j'ai constaté sur plusieurs chevaux atteint de dermite due aux culicoïdes, que la couverture intégrale portée tout le temps était bien efficace, malgré ce qui est dit dans cet article dont je comprends bien l'argument. Rentre les chevaux le soir n'a pas suffit dans notre région.
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