Les tiques (Dossier pratique du lab. Animaderm)

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Les tiques (Dossier pratique du lab. Animaderm)

Message par Jean le Ven 08 Mai 2015, 06:14

LES TIQUES ET NOS CHEVAUX

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Les tiques et nos chevaux

AVEC LE RETOUR DES BEAUX JOURS, LES TIQUES REFONT LEUR APPARITION.  PERCHÉES SUR LES HERBES HAUTES, LES BROUSSAILLES OU LES FEUILLES, ELLES ATTENDENT À L’AFFÛT DU MOINDRE ANIMAL (OU HUMAIN) PASSANT À SA PORTÉE POUR S’Y ACCROCHER ET SE NOURRIR DE SON SANG. PETIT POINT SUR L’IDENTITÉ, LE MODE DE VIE ET LES MOYENS DE LUTTE CONTRE CET HÔTE PEU SYMPATHIQUE ET DÉFINITIVEMENT INDÉSIRABLE.

Les tiques sont des parasites hématophages infestant régulièrement les chevaux au pâturage. Les tiques sont particulièrement fréquentes du printemps à l’automne, mais elles peuvent rester actives en cas d’hiver clément. Si les piqûres de tiques ne sont pas graves en elles-mêmes, le fait qu’elles puissent transmettre un certain nombre de maladies, comme la piroplasmose, l’anaplasmose équine ou encore des fièvres hémorragiques, est bien plus préoccupant. Chaque piqûre de tique constitue un risque important de transmission.  Il est donc primordial de minimiser le plus possible tout contact  des tiques avec nos équidés.

Généralités

Les tiques sont les plus grands représentants de l’ordre des acariens (3 à 6mm en moyenne, pouvant atteindre 2cm une fois gorgées de sang).  Toutes sont des parasites hématophages. On compte à ce jour près de 900 espèces répertoriées à travers le monde (dont 41 en France). Si certaines sont exclusivement dépendantes d’une espèce hôte donnée (comme la tique du chien, Rhipicephalus sanguineus), d’autres, à l’opposé, sont plus opportunistes, se nourrissant aussi bien du sang d’oiseaux, reptiles ou mammifères, au gré de leurs rencontres. C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les tiques que nous retrouvons sur nos équidés.

Les tiques des équidés

En Europe, il s’agit essentiellement de 4 espèces : Dermacentor reticulatus, Dermacentor marginatus, Ixodes ricinus et Rhipicephalus bursa. Ce sont toutes des espèces opportunistes, Ixodes ricinus pouvant parasiter plus de 300 espèces différentes de vertébrés.

- Ixodes ricinus est la tique la plus fréquente en France. Les plus fortes populations sont observées dans les régions de climat plutôt frais et humide. Elles sont beaucoup moins fréquentes dans le pourtour méditerranéen ainsi qu’en altitude (au-dessus de 1000m) (Perez-EID, 2007).

- Dermacentor reticulatus partage le même type d’environnement qu’Ixodes ricinus, c’est-à-dire les milieux frais et humides.

- Dermacentor marginatus et Rhipicephalus bursa, en revanche, privilégient plutôt les régions chaudes au climat sec, telles que le midi et le sud-ouest de la France.

Mode de vie

Contrairement aux puces et aux poux, les tiques sont des parasites transitoires, alternant vie libre dans la nature et vie parasitaire sur leur hôte. Après éclosion des œufs, leur cycle de vie comprend 3 stades développementaux successifs : larve, nymphe et adulte.
Les 3 stades n’effectuent chacun qu’un seul repas sur leur hôte qu’ils quittent ensuite une fois repu en se laissant tomber pour muer ou pondre sur le sol. Ce repas sanguin, qui dure entre 5 et 10 jours, est indispensable aux larves et aux nymphes pour muer au stade suivant. Si le repas sanguin n’a pas lieu, la tique peut rester au même stade de développement pendant longtemps. Adultes, ce sont surtout les femelles qui vont se nourrir sur leur hôte. Après avoir été fécondées, au sol ou sur leur hôte, la femelle se gorge une dernière fois de sang (jusqu’à 200 fois son poids !) avant de retourner dans la nature pondre plusieurs milliers œufs puis mourir. Les mâles meurent le plus souvent après la fécondation.

Entre deux repas, elles chassent à l’affut, perchées sur des herbes, des broussailles ou des feuilles, attendant patiemment qu’un hôte potentiel, quel qu’il soit, passe à sa portée. La tique ne voit pas (elle n’a pas d’yeux) : elle repère son hôte grâce aux récepteurs sensoriels (organe de Haller) qu’elle possède sur ses pattes antérieures. Elle perçoit la chaleur et les odeurs émises par l’hôte (dioxyde de carbone, ammoniaque) ainsi que les vibrations du sol lors des déplacements de ce dernier. La tique ne saute pas : elle s’accroche en une fraction de seconde à la peau ou au pelage à l’aide de griffes dès que l’hôte frôle la plante qui la porte.

A chaque stade correspond une zone de chasse particulière :

- les larves chassent près du sol (entre 0 et 15cm de hauteur), à proximité de leur lieu d’éclosion, où l’humidité est plus importante (litière végétale). Elles infestent surtout les rongeurs et petits animaux (lézards, oiseaux), mais peuvent infester occasionnellement de plus gros mammifères si ceux-ci passent à leur portée. D’une taille inférieur au mm, elles sont très difficilement visibles à l’œil nu.

- Les nymphes ont un périmètre de chasse plus étendu, profitant de leur premier hôte comme moyen de transport. Perchées sur la végétation à moins de 50cm de hauteur, on les trouve ainsi fréquemment chez les chevaux, au niveau du nez, joues, de l’auge et des membres, prenant l’aspect d’une tête d’épingle noire et sphérique de 1 à 2 mm une fois gorgée de sang.

- Les adultes, d’une taille de 5 mm à jeun, peuvent être détectées assez facilement, mais le sont le plus souvent lorsqu’elles sont déjà gorgées de sang.

Perchées jusqu’à une hauteur d’1m50, on les retrouve le plus souvent sur la tête, le poitrail, l’encolure, les ars, l’entre-cuisse et les parties génitales.

Activité des Tiques :

Quel que soit leur stade de développement, l’activité des tiques est maximale lorsque les températures extérieures sont comprises entre 5 et 25°C : le printemps et l’automne sont donc des saisons particulièrement favorables aux attaques de tiques. En deçà et au-delà de ces températures, leur activité diminue, jusqu’à devenir complètement léthargiques dans les conditions plus extrêmes (températures négatives ou supérieures à 35°C, ou encore en cas de sécheresse). Réfugiées dans le sol, sous des feuilles ou bois mort, les tiques peuvent ainsi patienter longtemps le retour de conditions plus clémentes. On peut donc trouver des tiques à chacun des stades tout au long de l’année, notamment en cas d’hiver clément ou d’été humide. Le cycle de vie d’une tique peut ainsi varier de quelques mois à une dizaine d’année, en fonction de conditions climatiques et de la disposition d’hôtes.

La piqûre/morsure – système d’alimentation :

Une fois sur son hôte, les tiques se déplacent à la recherche d’un endroit où la peau est particulièrement fine, humide et vascularisées. Grâce à leurs chélicères (pièces buccales coupantes), elles incisent la peau et y introduisent leur rostre plus ou moins profondément pour y aspirer le sang libéré par les vaisseaux sanguins rompus. Dans le même temps, leurs glandes salivaires sécrètent de nombreuses substances facilitant leur repas : anticoagulants, substances vasodilatatrices et enzymes qui vont liquéfier les tissus au niveau de la plaie. La piqûre est indolore, la tique injectant également une substance analgésique.  Au cours du repas, elle va régurgiter régulièrement du surplus liquidien. C’est à ce moment que la tique risque de transmettre à son hôte des agents pathogènes si elle est infectée, et ce, quel que soit son stade de développement.

Les tiques, vectrices de maladies

Les tiques peuvent en effet transmettre toutes sortes d’agents infectieux : virus (encéphalite infectieuse équine, fièvre hémorragique), bactéries (borrelia, responsable de la borréliose de lyme), vers (filaires), ou les fameuses babésies, parasites des globules rouges responsables de la piroplasmose.

Les tiques se contaminent essentiellement au cours de leurs repas sanguins sur des hôtes infectés. Le risque de contamination est ainsi plus grand à mesure que la tique grandit et se nourrit sur des hôtes différents.Mais les femelles contaminées peuvent également transmettre leurs agents pathogènes directement à la génération suivante lors de l’élaboration de ses oeufs. Le passage des agents infectieux peut aussi se faire du mâle vers la femelle lors de l’accouplement. Les larves, bien que n’ayant jamais mordu d’hôte infecté, peuvent donc aussi avoir une responsabilité dans la transmission et la propagation des maladies.

De plus, les tiques sont très fréquemment co-infectées par plusieurs pathogènes à la fois, et peuvent par conséquent les transmettre à leur hôte lors d’une seule et même morsure, compliquant alors le diagnostic.

D'autre part, les morsures de tiques peuvent parfois être causes d'urticaire ou de choc allergique.


Moyens de lutte et de prévention :

Mieux vaut prévenir que guérir

La meilleure façon de prévenir les maladies portées par la tique est d'éviter la morsure. Les premières heures (en particulier les 24 premières) sont en effet décisives dans la transmission des agents pathogènes, souvent bien avant que les tiques soient repérées une fois gorgées de sang.
Une des premières choses à faire est de supprimer du pré les broussailles, herbes hautes  et arbustes, ainsi que la végétation basse en bordure de bois ou forêt (branches basses de feuillus, fougères, buissons..).

L’application d’une pommade grasse et filmogène comme la Natjely peut consister une première barrière efficace, surtout pour les nymphes et les larves, peu visibles. Elle permettra de limiter l’accrochage des tiques et leur déplacement sur la peau et les poils, et asphyxiera les larves. Appliquer la crème sur les zones sensibles à peau fine, la tête et les membres.

L’application d’un insectifuge ou d’un insecticide, tel les pyréthroïdes ou les organophosphorés,sur la peau du cheval peut constituer un moyen de prévention efficace, mais de courte durée (2 à 3 jours).  D’autre part, peu de produits possèdent une autorisation de mise sur le marché pour l’élimination des tiques sur les chevaux en France.

l’utilisation de substances insecticides dans le milieu extérieur n’est pas souhaitable : elle pose en effet des problèmes de pollution de l’environnement, de déséquilibre des écosystèmes et de résistance. Les substances actives acaricides ont en effet un large spectre d’action contre les animaux à sang froid (insectes, reptiles et organismes aquatiques).

La présence de tiques doit être contrôlée très régulièrement pendant la période à risque, de sorte de les éliminer le plus tôt possible. Cet examen doit être fait systématiquement après passage dans une zone à risque (ballade, paddock ou chemin exposé), et autant que possible pour les chevaux au pré, de loin les plus exposés.

Les tiques adultes gorgées de sang sont facilement détectables visuellement et tactilement. Un examen minutieux permettra de localiser les adultes à la recherche d’un site de morsure, ou installés depuis peu, ainsi que les nymphes en fin de repas. En revanche, les nymphes à jeun et surtout les larves peuvent facilement passer inaperçues. Celles-ci se trouvent préférentiellement au niveau du nez, des joues, de l’auge et des membres.
Lorsqu’une tique est repérée, il faut la retirer en prenant soin de ne pas arracher la tête. L’extraction doit se faire en tenant fermement la tique entre ses doigts, au plus près de la peau, en exerçant un mouvement de rotation lent.  Il existe dans le commerce des pinces spéciales très pratiques.Il est inutile et fortement déconseillé d’appliquer de l’alcool, du vinaigre ou autre huile essentielle sur la tiques : cela favorise la régurgitation du contenu stomacal de la tique dans les tissus, augmentant ainsi le risque de contamination. Une fois la tique retirée, il faut la détruire. La jeter simplement au sol lui permettra de poursuivre son cycle de vie.

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Re: Les tiques (Dossier pratique du lab. Animaderm)

Message par Nath le Dim 10 Mai 2015, 20:04

Très intéressant Jean merci!
J'ai demandé à mon veto pourquoi Duncan était plus touché que les 3 autres par les tiques... je les épluche tous les jours et c'est sur lui que j'en trouve le plus... il m'a donné un petit coup de main en homéopathie, j'essaierai cette semaine!
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Re: Les tiques (Dossier pratique du lab. Animaderm)

Message par Logisdesbois le Dim 10 Mai 2015, 21:25

c'est pas très naturel mais j'utilise avec succès le butox (à ne pas confondre avec le botox ) qui n'a pas l'amm cheval mais bovin
il faut faire un test pour voir si pas d'allergie du cheval
sinon, une apllication sur la zone du dos toutes les trois semaines et c'est radical

à noter comme autre effet, j'ai découvert ce produit il y a dix ans par mon véto et cela a beaucoup aidé mon vieux shet dermiteux en réduisant les attaques de culicoïdes
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Re: Les tiques (Dossier pratique du lab. Animaderm)

Message par Jean le Mer 16 Nov 2016, 11:20

En feuilletant le web j'ai trouvé ceci mais attention, c'est sous toutes réserves :

"Les Huiles Essentiels (=HE) sont très efficaces, et brûlent la peau si c'est mal fait (je le sait car j'ai brûlé la peau de mon chien pour lui avoir appliqué pur... c'était mes début, maintenant j'ai bien compris la leçon !!
de plus les HE que vous achetez doivent être pures (pas coupé avec autre chose)

donc la recette c'est :

- pour un flacon de 200 ml :
5 goûtes d'huile essentiel de citronnelle,
4 goutes d'HE de lemongrass
5 goutes d'HE de sauge
5 gouttes d'HE de thym
(la recette officielle s'arrête là mais je rajoute 5 gouttes d'HE d'eucalyptus)
5 cuiller à soupe de vinaigre de cidre
et le rete tu complète en eau.
il faut beaucoup secouer avant chaque emploi.

si tu trouve que ce n'est pas assez efficace tu peux augmenter le nombre de gouttes mais tu dois toujours garder de l'eau et mélanger.

- l'huile essentiel de genevrier est très efficace pour les tiques MAIS est très souvent coupé à la térébentine, et là évidement c'est plus la même chose...donc il faut absolument s'assurer qu'elle est pur (le top c'est de la bio mais à vérifier quand même...)

-tu as aussi (mais pas que pour les tiques) :

toujours pour 200 ml :
5 gouttes lavande
5 gouttes menthe poivrée
5 gouttes eucalyptus
5 cuillers à soupes de vinaigre de cidre
et le reste en eau."


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